Band 
Vol. II.
Seite
541
JPEG-Download
 

des MÉMOIRES MILITAIRES. 54 i

veau calendrier, ne trouveroit - on pas étrange que Pompée qui n’avoit aucune raison detenir la campagne en hyver, se fût arrêté dans la Màcédoiné jusqu’à la mi-Janvier, tempsoh Vibullius le rencontra, avant de se mettre en chemin pour prendre íes quartiersd 1 ’hyver? Admettez que ce 4. de Janvier étoit proprement dans Tordre des jours selonle cours du soleil le de Novembre de Tannée passée, comme je Tai montré dans monjournal, & on verra que c’est précisément la saison oh les armées cessoient de rester fousles tentes; que la circonstance dont il s’agit ici, y est très analogue, & que César n’acertainement pas accommodé cette date au calendrier réformé.

On fait aussi par le détail même de cette campagne, qu’il s’écoula trois mois pour lemoins, avant que César entreprît ssenfermer Pompée dans ses établissemens près de Du-razzo, on fait encore que les deux armées séjournèrent près de quatre mois aux envi-rons de cette ville, & que depuis qtTelles les quittèrent, il se passa près de trois semaines'jusqu’à la bataille de Pharíales. César dit expressément que s’étant avancé du côté dePliarsales, il y prit son camp dans une plaine fertile oh le bled étoit presque mûr &prêt à être moissonné. C’est dans le courant du mois de Juin qu’on fait la récolté enThessalie. Ainsi le Chevalier 11’a qu’à' calculer ces sept mois & demi passés depuis sondébarquement jusqu’au jour de la bataille au mois de Juin, temps de la moifíon, pour seconvaincre que ce 4. de Janvier ne ; póuvoit être qu’une date du vieux calendrier, quidans cette année précéda de 58- jours celle du nouveau.

Ce n’est que relativement a ces deux occasions que César dans les trois livres desguerres civiles a marqué le jour du mois. Le Chevalier ne les a pas alléguées; il s’ap-puye- principalement fur ce qu’il est dit dans le premier livre des guerres des Gaules,que les Suisses ayant pris la résolution d’abandonner leur pays, s’étoienc donné rendez-vous le 28. de Mars fur les bords du Rhône, & qu’à ce jour marqué ils avoient mis lefeu à leurs habitations, & à toutes leurs denrées, n’emportant de vivres que pour troismois. II prouve ensuite avec une prolixité étonnante & avec tout l’apparat de sonsavoir, qu’il est impossible que ce 28 • de Mars, auquel Céíàr dit, que les Suiiîès fixerentce jour de leur départ puijse être rétrogradé jusques vers le milieu de Janvier, commecela feroit , Jì les dates citées dans les commentaires étoient du fiile de Numa.

Pour mettre le lecteur au fait de l’objet de fa distèrtation, il entreprend de lui don-ner une idée de l’ancien calendrier, & des causes de son désordre. Mais il s’en acquit-té de maniéré que tout lecteur tant soit peu instruit n hésitera pas un moment, en lisantson exposé, à lui refuser absolument le droit de raisonner sor cette matière, du moins ce-lui de proposer des problemes aux savans. 11 est connu que pour rapprocher Tannée lu-naire de Tannée solaire, on intercaloit alternativement de deux en deux ans un mois de22, & de 23- jours. Je ne íais ce qui a engage le Chevalier à ne placer ce mois de 2.3*jours que dans la sixième année. Mais ce n etoient pas ces mois intercalaires, qui don-noient lieu à la confusion, c’étoit ce jour qui excédoit dans le vieux calendrier de Nu-ma Tannée solaire, & qui étoit cause que d’année en année le premier jour de Tan tom-boit dans le mois de Tannée suivante, & renverloit ainsi tout Tordre des íàisons, en paf-

Y yy 3