DES MÉMOIRES MILITAIRES
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Tannée Julienne montrent aíïèz, que tout le long & pompeux raisonnement de mon cri-tique fur l’impossibilité d’une émigration générale des Suisses au cœur de l’hyver est ^
inutile & entierement superflu.
Mon critique dit à la vérité,, qu’il n’estpas même problématique que les dates qu T ontrouve dans les livres de Hirtius, ne soient toutes du nouveau íiile, ayant écrit son his-toire après la mort de César, & lorsque son calendrier Julien étoit suivi dans tout Pempi-re Romain. Mais le Chevalier décide encore ici d’une chose qu’il ne connoitpas, & parleen homme qui a manqué de toutes les pieces nécessaires pour instruire le procès. J’avoisobservé dans mes recherches de chronologie, que même dans les Fastes qu’on dressoir aprèsla réforme de Tannée, on conservoit les anciennes époques du calendrier Romain, &que les jours consacrés aux jeux solemnels établis en Phonneur des victoires que Césaravoit remportées, e'toient toujours les dates du vieux stile qu’on n’a pas jugé à propos decorriger dans le calendrier réformé. On verra encore, que Hirtius n’a pas voulu ré-duire les époques des événemens dont il fait le récit à l’ordre des mois du nouveau calen-drier, comme le Chevalier a prétendu prouver qu’il Pa fait.
Ayant trouvé dans Calvisius que Tannée qui précéda la réforme du calendrieravoit commencé avec le 14-. d’Octobre, il a bonnement donné la même date au pre-mier jour de toutes les années qui precéderent celle-ci. C’est ainsi, qu’après s’être crééà lui même ce fantôme, il fe met à le combattre & démontre fort au long que Cé- DeBrf .G*l.far étant parti le 30. de Decembre & ayant employé quarante jours à une expédition VI11,d’hyver contre les Gaulois révoltés, cette date du 30. Decembre ne sauroit être duvieux stile, vû que le temps qu’il fait ordinairement le 14. d’Octobre, ou le jour quidoit correspondre selon la supposition de Calvisius à cette date, jusqu’au 23. Novembren’est pas analogue selon la description qu’en fait Hirtius, à ces brumalìbus diebus & ìn-tolerandis frigoribus ; à ce froid insupportable des jours du solstice. Mais commeil est assez constaté par des calculs vrais & exacts, qu’en 703. lorsque César fit cettecourse d’hyver, le jour du nouvel an tomba selon le vieux stile au 1 o. de Novembre, ons’apperçoit aisément, qu’il étoit pour lors dans Tordre des saisons, que le temps fûtdepuis ce jour jusqu’au 20. de Decembre, tel que Pauteur le caractérise.
II est même à remarquer que la suite des événemens confirme de la maniéré la plusconvainquante la vérité de cette date. César étant revenu de sa course, se remit denouveau en marche au bout de dix huit jours, & fit une invasion dans le. pays des Carnutes.
Les habitans s’étant enfuis, il mit ses troupes en quartier de cantonnement dans laville de Gennabum, ne voulant pas, a ce que dit Hirtius, exposer ses soldats aux fri-mats & à Phorrible temps qu’il faifoit alors. Cœsar erurnpentes eo maxime tempore acer-rimas tanpcstates quurn subir t milites nollet. En comptant les jours selon le vieuxstile, César retira lès troupes à Gennabum à peu près dans les premiers jours de Fevrier,qui e'toient ta vraie saison de ce que Hircins nomme acerrimas tempestates , au lieu quele calcul de mon critique conduit ces événemens fort avant dans le mois de Mars, doncles giboulées ne répondent pas à Pexpreíiion de Hirtius,