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Vol. II.
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DES MÉMOIRES MILITAIRES. 549

en présence d’Afranius qui avoir occupé avec son camp la hauteur où est aujourd’hui lefort de Garden. Avant la bataille de Pharsales, César choisit aussi son camp dans l a Bel - Civplaine tandis que Pompée avoir assis le sien fur la montagne. Appien décrit ainsi lescampemens de L tutus & de Cassius, & celui des Triumvirs avant la bataille de Philip-pes. Antoine ofà s’approcher à la distance de mille pas de la colline fur laquelle Cas-sius s’étoit campé, & s’établit en fa présence dans des lieux unis & d’un côté entourésd’un marais.

C est en troisième lieu, à ce que ditïlyginus, furie sommet des Collines dont F ac-cès n'est pas fort difficile , Ù même en quatrième lieu, fur les plus hautes montagnesqu on ajjeyoit Ù fortifioit quelquefois, les camps. II ajoute enfin que lorsqu! on fetrouve dans des circonstances oà on ría point du tout le choix du terrain , & où ilfaut prendre son camp comme on le peut, on appelle ces fortes de camps : castra ne-cestaria. Tel étoit celui d’Afranius en Eípagne, dans lequel il fut forcé de capituler,

& celui de Caninius & de Rebilus devant Alésie dont César dit : JErat e feptentrionecollis, quern, quia propter rnagnitudinem ambitus opéré circumplecli non poterantnostri, necejfario pœne iniquo loco, & leniter declivi castra fecerunt.

Mais quelle que soit Paillette des lieux dans ces différens cas, les Romains ne man-quoient pas d’obferver constamment la même forme, la même profondeur & la même dis-tribution des logemensquePolybe&Hyginus exposent. Si les camps pris dans la plainerepréfentoient la figure de quartés parfaits ou de parallélogrammes selon le nombre destroupes, on observera que dans les terrains montagneux & inégaux il ne s’agissoit pasproprement de cette même exactitude dans les dimensions & qu’un côté du camp pou-voit souvent être plus long que P autre & avoir des directions différentes. Ils décri-voient toutefois pour le fond, la figure d’un quarté quelqu’irrégulier qu’il fût, & avoientleurs quatre faces quatuor latera & leurs quatre portes. C’est ainsi que les historiensnous les décrivent, & ce qui fait dire à Poybe qu’ils différoient des Grecs, qui accom-modoient plus leurs campemens selon l’astìette des lieux, & la situation des montagnes,qu’ils n’observoient l’ordre constant, & l’uniforme régularité des Romains.

Ces choses étant assez constatées par les témoignages des meilleurs auteurs, j’exami-nerai les raisons qui en font douter mon critique, & qui Pont porté à dire que j'ignoreles réglés de la castramétation des anciens.*- Onojandre, dit-il, marque que le cercleest la figure la plus convenable pour tracer un camp en le resserrant autant qu'il est pos-sible. Quelle est donc la difiraclion d'assurer que le camp des Romains formoit tou-jours un quarté? Mais il est asiëz vraisemblable qne mon critique n’a pas lû Onosan-dre d’un bout à l’autre; car auroit-il osé citer un auteur bien postérieur à'Hyginus, &qui n’ayant rien connu des légions, ni de la tactique Romaine, ne parle que de la milicedes Grecs & de la phalange à laquelle toutes ses instructions font relatives, quoiquedans la préface il proteste avoir composé son ouvrage pourl’utilitédesRomains? Les in-stitutions militaires de Végéce, quelque bonnes qu’elles soyent Tailleurs, ne sont pour laplupart, ainsi que lessavans Pont remarqué, que des compilations faitesauhazard; & Pau-

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