DES MÉMOIRES MILITAIRES .; 551
me dispense aussi de repousser les chicanes qu’il me fait fur l’ufáge de quelques termesde fortification, & fur les expressions dont je me fuis servi dans la description des ou- Beir. Galî,vrages que César fit pour son camp dans les Gaules dont Hirtius donne le détail- II se- l-ib. VIII,roit auss inutile d’y répliquer, qu’il est honteux de les avoir faites. 5 ‘ **'
Le Chevalier de Lo-looz n’ayant pas dit un mot dans tout ce chapitre pour justifierFolard, contre les preuves convainquantes que j’avois alléguées de finfidélité & des autresdéfauts du plan & de l’expofé qu’il avoir fait du blocus & de la bataille d’Agrigente , mereproche à la fin d’avoir avancé que ce n’étoit pas la coutume des Carthaginois, d’être ran-gés en bataille fur deux lignes, de la maniéré dont Mr. Folard le représente. Il citel’exemple de la bataille de Zama, où Annibal dispose, son armée fur trois lignes, & que j’a-vois remarqué moi-même, qu’a celle de Lrébie, les huit mille Carthaginois, qui dès lecommencement de la bataille combattirent en avant du front de la phalange, se retirerenttous derriere cette ligne par les intervalles & formerent ensemble un corps de réserve.
Mais mon critique & Mr. Folard conviennent avec moi, que les Carthaginois fuivoient latactique des Grecs, & que c’étoit en phalanges qu’ils fe rangeoient en bataille. II estconnu que suivant cette tactique toute l’infanterie pesamment armée ne for moi t qu’uneseule ligne. Philopoemen s’écarta de la méthode ordinaire, en rangeant à Mantinée sesphalangites à la Romaine ; & Polybe dit expressément qu’Annibal adopta pendant ses tib. XVII,guerres d’Itaíie plusieurs usages des Romains, qu’il forma comme eux des cohortes, qu’il c - a 4>les rangea en bataille alternativement avec les Sections de la phalange, & qu’il leur don-na des armes Romaines. Polybe même observe qu’il agit contre les usages & les cou-tumes de fa nation, lorsqu’il introduisit ces nouveautés dans son armée. Auísi voit- onqu’Annibal en d’autres occasions & avant lui tous les Généraux des Carthaginois ne se fontjamais présentés à l’ennemi qu’en urfe feule phalange, dont mon critique cite lui mêmepour exemples les batailles de Tunis, d’Adis, de Palerme, du Macar, de la Hache, deTrebie, de Tlirasymenes & de Cannes.
Au reste il importoit peu de savoir si la disposition de Hannon étoit contraire aux usa-ges des Carthaginois; mais non, si elle a voit été en effet ssr deux lignes, comme le Che-valier Folard l’avoit avancé. J’avois trouvé les preuves du contraire dans la narration d«
Polybe, & montré évidemment, que Mr. Folard n’a rien connu à l’ordre de bataille desdeux armées, & qu’il a substitué ses propres idées au détail que fauteur Grec fait des cir-constances de certe bataille mémorable. C’est donc fort mal s’acquitter du'rôle de défen-seur de Folard que d’abandonner l’objet principal & essentiel de la dispute, pour vétiilersur quelques expreffions, on ssr des incidens qui ne font rien à la question.
CHAPITRE XIV.
De la bataille de Tunis.
Rccft* d’ast-
M on critique ne persuadera à personne que cette bataille que Xantíppe gagna con-tre Regulus ne m’ait fourni que des remarques peu essentielles. Le changementsingulier de la ëilpolition ordinaire des R.omains que Regulus imagina pour faire face à