^ 66 DÉFENSE
•Comme Alexandre refusoit selon son plan salle gauche, dans la deílèin d’y resterfur la défensive, il falloir bien qu’il mit de ce côté son flanc & ses derrières en sûreté, &qu’il prît d’autrcs mesures qu’à l’aile droite, & c’est pourquoi Arrien dit, qu’il y miteffec-íivement une ligne de troupes qui se plaça â l’extrémité de cette aile, & forma uneespace de crochet pour faire face, autant qu’il seroit possible aux Perses lorsqu’ils au-roient pris le parti de tourner le flanc & de tomber fur les derrières de i’armée.
Pavois dit dans mes Mémoires que la fuite des événemens repondoit à la dispo-sition des troupes, telle que je Pavois exprimée dans mon plan. Voyons si Mr. de Mai-Lîb. III. aeroy étoit fondé à le révoquer en doute. „L’armée d’Alexandre, dit Arrien, doublae - '3- „le pas, en marchant toujours par fa droite, tandis que celle des Perses marcha par ía„ gauche, & quelle conserva encore l’avantage de la déborder à salle. "H S q Ss ajoute„ Arnen oï tûjv S/.uctíïv 'ItíttsTî itciçtinteijovTeç ijmrovro tíHv 'ït^oTersiypéviav tjjç ’Ake^ávdçtt,,t ájrecoç — Cependant la Cavalerie Scythe en marchant par son flanc s'appro -
„ choit déjà de bien près de celle qu’Alexandre avoìt placée en avant de far-„ mée. ' II poursuit: ,,Alexandre même étoit déjà par sa marche au point de sor-„ tir du terrain que les Perses avoient applani, lorsque Darius craignant que l’en-„netni en continuant fa marche, ne se mît hors de la portée des chariots à fàulx, or-„ donna à la Cavalerie des Scythes postée en avant de fa gauche, de gagner la point#„ de salle d’Alexandre & de l’empêcher de s’avancer d’avantage. Alexandre voyant„ ce mouvement ordonna fur Je champ à Menidas de partir &c de fe jetter íur les Scy-,, thés pendant qu’ils étoient encore en marche,. Alors commença le premier com-„ bat & les Scythes joints par les Bactriens repoustprent Menidas, qu’Alexandre fit d’a-„ bord soutenir par d’aiitres troupes,. Bientôt la bataille même s’engagea. ”
Qui est-ce qui reconnoîtra dans ce qu’Arrien dit de ce corps de Menidas placé à latête de toute l’armée, la position en crochet derrière salle, que Mr. de Maizeroy lui don-ne; ou qui ne voit, que s’étayt avancé avec farinée par cette marche oblique, de bieaprès de saile gauche de sennemi, il garantifloit suffisament les flancs & les derrières del’armée par les mouvemens même qu’Alexandre lui tìt faire, & qu’aucun poste ne conve-noit mieux à ce corps de Menidas que celui qu’Arrien lui donne , & que j’avois indiquédans mon exposé ?
Mr. de Maizeroyaura de la peine,a répliquer à ces argumens; mais j’avoue auísiqu’il a eu raison de se récrier contre la partie de mon plan, où on a voulu exprimerfaction engagée entre Menidas & les Scythes. On y voit bien ridiculement les Grecsprêter -eux mêmes le flanc aux Perses, qui étoient dans la ligne, & toute faction fortmal représentée. Quoique l’excuse d’avoir été dans la nécessité d’abandonner plusieursbrouillons de mes plans à des personnes que je croyois plus habiles qu’elles ne l’etoient,ne puisse pas me mettre à l’abri de la censure, je sais toutefois gré à Mr. de Maizeroyd’avoir relevé & cette faute & celle du graveur par laquelle tout l’ordre du plam■est renversé.