10 INSTRUCTION POUR LA
me sera rempli d’un débris épouvantable, A d’une infinitéde Fuïars de toute espèce, qui se laisseront plutôt tuer quede cesser d’y paíîèr ? Joint à cela que ia Place de son côténe manquera pas de faire faire toutes sortes d’efsorts pourle rompre, ôtant par ce moïen tout espoir de secourir cettepartie de l’Armée qui sera attaquée. C’est-là, à mon avis,un des plus grands défauts où un Assiégeant puisse tom-ber: c’est pourtant celui, oùíâns contredit nous tombonsJe plus; auíïì en sommes-nous souvent bien châtiés.
L’exemple du Siège de Valenciennes en fera foi,où , après que les Ennemis eurent forcé les Lignes duMaréchal de la Ferté, & mis son Armée en déroute, unepartie de son débris, au nombre de trois ou quatre millehommes, se retira en désordre & dans un extrême péril,parce qu’il n’y avoit qu’un Pont à la jonction de la Cir-convallation au dessous de la Ville, par où on pût aller ducôté de Monsieur de Turenne; encore étoient-iís tousdisloqués par le renflement des eaux, & tellement remplisde Fuïars, qu’il étoit impossible d’en pouvoir approcher,à moins que de les tuer, ou de les jetter dans Peau : ceque les Ennemis firent fort charitablement; car survenanten queue pendant tout cet embarras , de peur qu’ils nes’étouffàísent l’un l’autre au passage, ils en précipitè-rent une partie dans la Rivière, prirent & assommèrentl’autre. Ce désordre ne fut pas moindre à la Ligne au-dessus de la Ville, parce que le regonflement des eaux,cause par la levée des Ecluses, ébranla tellement le Pontqu’il le rompit, & ôta tout espoir de salut à ceux quivoulurent se retirer par-Ià; de sorte que le manquement depont fit autant de mal à notre Armée que les Ennemisxnêmes. 11 n’est pas concevable combien les* François fi-rent de fautes pendant ce Siège. Jamais Lignes ne furentplus mal faites, ni plus mal ordonnées, & jamais Ouvrage