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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE IV. ART. XXXIV.

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( l ue ) dans le cas même lon y parvien-drait, ce ne serait jamais que la formationdun ordre parallèle défectueux , et si len-nemi poussait l'avant-garde un peu vigou-reusement, il pourrait en résulter la déroutedes troupes qui seraient en mouvement pourse former. ( Voyez la bataille de Rosbach,Traité des grandes opérations. )

Dans le système moderne, av'ec des ar-mées plus mobiles, marchant sur plusieursroutes, et formant autant de fractions capa-bles dagir indépendamment les unes desautres, ces déroutes seront moins à crain-dre, mais les principes restent les mêmes.Il faut toujours arrêter et former lavant-garde, puis réunir le gros de ses forces surle point convenable, daprès le but quon seproposait en se mettant en marche; quellesque puissent être les manœuvres de len-nemi, on se trouvera ainsi en mesure deparer à tout.

ARTICLE XXXIV.

Des surprises dannées.

Nous nentendons pas examiner ici cespetites surprises de détachements qui con-stituent la guerre des partisans ou destroupes légères, et pour lesquelles la cava-lerie légère russe et turque ont tant de supé-riorité. Nous voulons parler des surprisesdarmées entières.

Avant linvention des armes à feu, lessurprises étaient plus faciles, car la détona-tion de lartillerie et de la mousqueterie nepermet guère aujourdhui de surprendreentièrement une armée, à moins quellenoublie les premiers devoirs du service, etne laisse arriver lennemi au milieu de sesrangs, faute davant-postes qui fassent leurdevoir. La guerre de sept ans offre la mé-morable surprise de Hochkirch , comme unexemple assez digne dêtre médite; elle

prouve que la surprise ne consiste pas posi-tivement à tomber sur des troupes endor-mies et mal gardées, mais aussi à combinerune attaque sur une de leurs extrémités, demanière à les surprendre et à les déborderen même temps. En effet, il ne sagit point,de chercher à prendre lennemi tellementen défaut quon puisse fondre sur deshommes isolés dans leurs tentes , mais biendarriver avec ses masses, sans être aperçu,sur le point lon désirerait dassaillirlennemi avant quil ait le temps défaire descontre-dispositions.

Depuis que les armées ne campent plussous la tente , les surprises combinées da-vance sont plus rares et plus difficiles , carpour les préméditer, il faut savoir au justela situation du camp ennemi. À Marengo. àLutzen , à Eylau, il y eut comme des espècesde surprises, mais ce nétaient au fond quedes attaques inattendues auxquelles on nepeut pas donner ce nom. La seule grandesurprise que nous puissions citer , est cellede Taroutin en 1812 , Murat fut assailliet battu par Benningsen : pour justifier sondéfaut de prudence , Murat allégua quil sereposait sur un armistice tacite; mais ilnexistait aucune convention pareille, et ilse laissa surprendre par une négligence im-pardonnable.

Il est évident que la manière la plus fa-vorable dattaquer une armée, cest de tom-ber un peu avant le jour sur son camp , aumoment elle ne sattend à rien de pareil ;le trouble y sera inévitable, et si lon jointà cet avantage celui de bien connaître leslocalités, et de donner à ses masses une di-rection tactique et stratégique convenable,on peut se flatter dune victoire complète,à moins dévénements imprévus. Cest uneopération de guerre quil ne faut point mé-priser, quoiquelle soit plus rare et moinsbrillante que de grandes combinaisons stra-tégiques, qui assurent la victoire, pour ainsidire, avant davoir combattu.

Par la même raison quil faut profiter de