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CHAPITRE IY. — ART. XXXV.
toutes les occasions de surprendre son ad-versaire , il faut aussi prendre toutes lesprécautions nécessaires pour se mettre àl’abri de pareilles entreprises. Les règle-ments de tous les pays y ont pourvu , il n’ya qu’à les suivre exactement.
ARTICLE XXXV.
De l’attaque de vive force des places, des
camps retranchés ou des lignes. Des coups
de main en général.
11 existe maintes places de guerre qui,sans être des forteresses régulières, sont ré-putées à l’abri d’un coup de main, et quisont pourtant susceptibles d’être enlevéespar escalade, soit d’emblée, soit par desbrèches encore peu praticables dont l’es-carpement exigerait toujours l’emploi d’é-chelles ou autres moyens d’arriver au pa-rapet.
L’attaque de ces sortes de postes présenteà peu près les mêmes combinaisons quecelles des camps retranchés, car elle rentrecomme celle-ci dans la catégorie des grandscoups de main.
Ces sortes d’attaques varient naturelle-ment selon les circonstances : 1° de la forcedes ouvrages ; 2° de la nature du terrainsur lequel ils sont assis ; 3° de leur liaisonou de leur isolement ; -4° de l’état moraldes deux partis. L’histoire ne manque pasd’exemples pour toutes les espèces :
Par exemple, les camps retranchés deKehl , de Dresde , de Varsovie ; les lignes deTurin , et de Mayence; les forts retranche-ments de Feldkirch , de Scharnitz , de l’As-siette; voilà dix événements dont les don-nées varient comme les résultats. A Kehl (1796), les retranchements étaient plus liés
(1) A Dresde , le nombre des défenseurs était, lepremier jour ( 25 août), de 24,000 hommes; le len-
et mieux achevés qu’à Varsovie ; c’était pres-que une tête de pont en fortification perma-nente, car l’archiduc crut devoir leur faireles honneurs d’un siège régulier, et, dans lefait, il ne pouvait pas penser à les attaquerde vive force sans courir de gros risques. AVarsovie , les ouvrages se trouvaient isolés,mais cependant d’un relief très-respecta-ble, et ils avaient pour réduit une grandeville ceinte de murailles crénelées, ar-mées , et défendues par une troupe de dés-espérés.
Dresde avait pour réduit, en 1813, uneenceinte bastionnée, mais dont un frontdéjà démantelé n’était couvert que d’un pa-rapet de campagne ; le camp proprement ditne se composait que de simples redoutestrès-éloignées , et d’une exécution fort in-comjjjète, le réduit seul en faisait laforce (1).
A Mayence et à Turin , c’étaient des lignesde circonvallation continues; mais si lespremières étaient fortement tracées on nesaurait en dire autant des dernières , qui,sur un des points importants, n’offraientqu’un méchant parapet de trois pieds au-dessus du sol, et un fossé proportionné. Deplus, à Turin , les lignes, tournées et atta-quées du dehors, se trouvèrent prises entredeux feux, puisqu’une forte garnison lesattaqua à revers au moment où le princeEugène les assaillit du côté de leur ligne deretraite. A Mayence, elles furent attaquéesde front, un mince détachement seul dé-borda la droite.
Les mesures tactiques à prendre dans cessortes d’attaques contre des ouvrages decampagne, sont en petit nombre. Si l’oncroit pouvoir tenter la surprise d’un ou-vrage en l’attaquant un peu avant le jour ,rien de plus naturel que de l’essayer; maissi cette opération est la plus recommanda-ble pour un poste détaché, il est difficile de
demain, il y en avait déjà 65,000, et le troisièmejour, au delà de 100,000.