Buch 
2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
Entstehung
Seite
157
JPEG-Download
 

CHAPITRE IV. ART. XXXV.

187

supposer quune armée établie dans ungrand camp retranché, en présence de len-nemi , fasse assez mal son devoir pour selaisser surprendre ; dautant plus que larègle de tous les services est de se mettresous les armes dès laube du jour. Commeil est donc probable quon en viendra tou-jours à une attaque de vive force, il re-suite , de la nature même de loperation,que les précautions suivantes sont indi-quées comme les plus simples et les plusrationnelles :

1° Éteindre dabord le feu des ouvragespar une artillerie formidable, qui rempliten même temps le double but débranler lemoral des défenseurs;

2" Munir les troupes de tous les objetsnécessaires (comme fascines et petiteséchelles ) pour faciliter le comblement dufossé et labordage du parapet ;

3° Diriger trois petites colonnes sur lou-vrage que lon veut emporter, en les secon-dant par des tirailleurs, et tenant des ré-serves à portée de les soutenir ;

Jt° Profiter de tous les accidents du ter-rain pour mettre les troupes à labri, et neles découvrir que le plus tard possible ;

8° Donner des instructions précises auxcolonnes principales sur ce quelles aurontà faire quand un ouvrage sera enlevé, etquil sagira daborder les forces ennemiesqui occupent le camp ; enfin, désigner lescorps de cavalerie qui devront concourir àlattaque de ces forces, si le terrain le per-met. Après ces recommandations, il ny aplus quune chose à faire, cest de lancerses troupes avec toute la vivacité possiblesur les ouvrages, en même temps quun dé-tachement les tournera par la gorge, car lamoindre hésitation est pire, en pareil casque la plus audacieuse témérité.

Nous ajouterons néanmoins, que desexercices gymnastiques pour familiariserles soldats avec les escalades et les attaquesde postes barricadés, seraient pour le moinsaussi utiles que tous les exercices quon

leur fait faire ; et que la balistique modernepourrait bien exercer lesprit de MM. lesingénieurs, pour trouver les moyens de fa-ciliter , par des machines portatives lefranchissement dun fossé de campagne etlescalade dun parapet.

De toutes les dispositions que jai luessur ces matières, celles de lassaut de Var­ sovie et du camp retranché de Mayence sontles mieux conçues. Thielke nous donne unedisposition de Laudon pour lattaque ducamp de Bunzelwitz, qui ne fut pas exécu-tée, mais qui nen est pas moins à offrircomme un bon exemple.

Lattaque de Varsovie surtout peut êtrecitée comme une des plus belles opérationsde ce genre, et fait autant dhonneur au maré-chal Paskéwitch quaux troupes qui lexécutè-rent. Voilà un exemple de ce quil convientde faire. Quant aux exemples de ce quilfaut éviter, on ne peut rien citer de pire queles dispositions prescrites pour lattaque deDresde , en 1813. Ceux qui en furent lesauteurs ou les rédacteurs , nauraient pumieux faire sils eussent voulu empêcherde prendre ce camp ; on peut lire ces dis-positions dans louvrage du général Plotho,quoiqu elles y soient déjà revues et cor-rigées.

A côte des attaques de cette nature, onpeut placer les assauts ou escalades mémo-rables de Port-Mahon, en 1786, et deBerg-op-Zoom, en 174-7 ; lune et lautre, bienquelles aient été précédées dun siège, nenfurent pas moins des coups de main bril-lants , puisquil ny avait pas brèche suffi-sante pour un assaut régulier. Les assautsde Praga, Oczakoff et Ismaèl, peuvent aussiêtre rangés dans la même classe : quoiquedans ces dernières villes les parapets enterre et en partie éboulés favorisassent les-calade, il ny en eut pas moins de mérite àlexécuter.

Pour les lignes retranchées contiguës,