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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE IV. ART. XXXV.

pour semparer dun poste plus ou moinsimportant ou plus ou moins fort (1). Ilsparticipent à la fois des surprises ou desattaques de vive force, car on emploie éga-lement ces deux espèces de moyens, pourarriver à ses lins. Bien quen apparenceces sortes dentreprises semblent appartenirpresque exclusivement à la tactique, on nepeut se dissimuler néanmoins quelles tirenttoute leur importance des rapports quau-raient les postes enlevés avec les combinai-sons stratégiques des opérations. Aussi se-rons-nous bientôt appelé à en dire quelquesmots à lart. 86, en parlant des détache-ments : mais quelque fâcheuses que soientces répétitions, nous sommes obligé denfaire mention ici pour ce qui concerne leurexécution, qui rentre entièrement dans ledomaine des attaques de retranchements.

Ce nest pas, néanmoins, que nous pré-tendions les soumettre aux règles de la tac-tique, puisquun coup de main dit déjà parlui-même, que cest en quelque sorte uneentreprise en dehors de toutes les réglésordinaires. Nous voulons seulement les citerici pour mémoire, en renvoyant nos lec-teurs aux divers ouvrages historiques oudidactiques qui ont pu en faire mention.

Nous avons déjà signalé la nature desrésultats souvent très-importants que lonpeut sen promettre. La prise de Sizipolien 1828 ; lattaque manquée du général-trasch sur Kehl en 1796; les singulièressurprises de Crémone en 1702, de Gibral­ tar en 170-4 et de Berg-op-Z.oom en 181-4,comme les escalades du Port-Mahon et deBadajos, peuvent donner une idée de diffé-rentes espèces de coups de mains. Les unssont leffet de la surprise, les autres se fontde vive force : ladresse, la ruse, la terreur,laudace, sont des éléments de succès pources sortes dentreprises.

(1) Il faut distinguer limportance et la forcedun point attaqué, car il sen faut de beaucoupquun point fort soit toujours important.

Dans la manière actuelle de faire laguerre , lenlèvement dun poste, quelquefort quil soit par son site, naurait pluslimportance quon y attachait autrefois , àmoins quil noffrît un avantage stratégiquesusceptible dinfluer sur les résultats dunegrande opération.

La prise ou la destruction dun pont re-tranché, celle dun grand convoi, celle dunpetit fort barrant des passages importants,comme les deux attaques qui eurent lieu en1799 sur le fort du Lucisteig dans les Gri­ sons ; la prise de Leutasch et de Scharnitz par Ney en 180S ; enfin lenlèvement dunposte même non fortifié, mais qui serviraitde grand dépôt de vivres et de munitionsindispensables à lennemi, telles sont lesentreprises qui peuvent dédommager desrisques auxquels on exposerait un détache-ment pour les exécuter.

Les Cosaques ont parfois tenté aussi descoups de main dans les dernières guerres ;lattaque de Laon par le prince Lapouliin,celles de Cassel et de Châlons , ont eu desavantages, mais rentrent néanmoins tout àfait dans la classe des entreprises secon-daires dont leffet le plus positif est de har-celer et dinquiéter lennemi.

Quelles instructions pourrait-on donnersur ces sortes dentreprises en général, lesmémoires de Montluc, et les stratagèmes deFrontin , ces vieilles histoires quon croiraitdun autre monde, en diront cependant plusque moi sur ce chapitre ; lescalade, la sur-prise, la terreur, ne se laissentpas formuleren maximes.

Les uns ont enlevé des postes en com-blant les fossés, tantôt avec des fascines,tantôt avec des sacs de laine ; on y a mêmeemployé par fois du fumier : dautres ontréussi au moyen déchelles sans lesquelleson tente rarement pareille entreprise ; enfinon sest servi aussi de crampons attachésaux mains et aux souliers des soldats pourgravir des rochers qui dominaient un retran-chement. Dautres se sont introduits par