CHAPITRE V. — ART. XXXVI.
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des égouts, comme le prince Eugène à Cré-mone.
C’est dans la lecture de ces faits qu’il fautaller chercher, non des préceptes, mais desinspirations , si toutefois ce qui a réussi àl’un peut servir de règle à un autre. Il se-rait à désirer que quelque officier studieuxs’appliquât à réunir, dans un extrait histo-rique détaillé, tous les coups de main lesplus intéressants; ce serait rendre un ser-vice signalé, non-seulement aux généraux ,mais à chacun des subordonnés qui peuventavoir à coopérer à pareilles tentatives , oùsouvent l’intelligence d’un seul peut amenerle succès.
Pour ce qui nous concerne, nous avonsrempli notre tâche en indiquant ici leursprincipaux rapports avec l’ensemble desopérations. Nous renvoyons d’ailleurs à cequi a été dit au commencement de cet arti-cle sur la manière d’attaquer les retranche-ments de campagne, la seule opération mili-taire qui ait quelque analogie avec ces coupsde main, lorsqu’ils se font de vive force.
CHAPITRE Y.
DES DIFFÉRENTES OPÉRATIONS MIXTES,
OUI PARTICIPENT A IA FOIS
DE LA STRATÉGIE ET DE LA TACTIQUE.
AHTICEE XXXVI.
Des diversions et grands détachements (1).
Les détachements qu’une armée peut êtreappelée à faire dans le cours d’une campa-
(1) M. le colonel Wagner, dans sa traduction déjàcitée, a bien voulu faire, sur cet article, des ob-servations dont j’ai apprécié la justesse, et quim’ont décidé à lui donner une rédaction toute nou-velle. Si nous différons encore de manière de voiren quelques points, je me plais à croire qu’ils se-ront peu importants.
gne se lient si etroitement. avec le succès detoutes ses entreprises, qu’on doit les re-garder comme une des branches les plusimportantes, mais aussi les plus délicates dela guerre.
En effet, si rien n’est plus utile qu’un granddétachement lorsqu’il est fait à propos etbien combiné, rien n’est plus dangereuxquand il est fait d’une manière inconsidérée.Frédéric le Grand comptait même au nom-bre des qualités les plus essentielles d’ungénéral, de savoir engager ses adversairesà des détachements, soit pour aller ensuiteles enlever, soit pour attaquer l’armée pen-dant leur absence.
On a tant abusé de la manie des détache-ments , que, par un excès contraire , beau-coup de gens ont cru à la possibilité de s’enpasser. Sans doute, il serait beaucoup plussûr et plus agréable de tenir toujours sonarmée réunie en une seule masse ; maiscomme c’est chose tout à fait impraticable,il faut bien se résigner à faire des détache-ments lorsque cela devient indispensableau succès même des entreprises que l’onvoudrait former. L’essentiel est d’en fairele moins possible.
Il y en a de plusieurs sortes :
1° Les grands corps lancés au loin horsde la zone des opérations , pour effectuerdes diversions sur des points plus ou moinsessentiels ;
2° Les grands détachements faits dans lazone des opérations pour couvrir des pointsimportants de cette zone , former un siège,garder une base secondaire, protéger laligne d’opérations si elle est menacée ;
3° Les grands détachements faits sur lefront même d’opérations , en lace de l’en-
J’aî hésité à placer cet article dans le chapitrede la stratégie, ou dans celui des opérations mix-tes, mais s'il semble en définitive appartenir plusparticulièrement aux opérations stratégiques, il estconstant qu’un détachement rentre dans toutes lescombinaisons de la tactique; j’ai donc cru qu’ilpouvait être aussi bien placé ici.
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