102 CHAPITRE V. -
nemi, pour concourir directement à uneentreprise concertée ;
4° Les petits détachements lancés au loinpour tenter des coups de main sur des postesdont la prise pourrait agir favorablement.
J’entends par diversions, ces entreprisessecondaires formées loin de la zone princi-pale des opérations , aux extrémités d’unthéâtre de guerre, et sur le concours des-quelles on aurait la folie de calculer le suc-cès d’une campagne. Dépareilles diversionsne sont utiles que dans deux cas , celui oùle corps qui y serait employé se trouveraithors d’état, par son éloignement, d’être misen action ailleurs ; ou bien lorsqu’il seraitjeté sur un point où il trouverait un grandappui parmi les populations , ce qui rentredans le domaine des combinaisons politi- 1ques plus que dans celles de l’art militaire.Quelques exemples ne seront pas de troppour en juger.
Les funestes résultats que l’expédition deHollande par les Anglo-Russes , et celle del’archiduc Charles , eurent pour les affairesdes coalisés à la fin de 1799 , et que nousavons signalés à l’article 19, sont encoreprésents à la mémoire de tout le monde ; ilserait inutile de les répéter.
En 1805 , Napoléon occupait Naples et lèHanovre ; les alliés imaginent de porter descorps anglo-russes pour le chasser d’Italie,et des corps anglo-russes et suédois pourl’expulser du Hanovre ; près de 60,000hommes sont destinés à ces deux expédi-tions centrifuges : mais, tandis que leurstroupes se rassemblent aux deux extrémitésde l’Europe , Napoléon a ordonné l’évacua-tion de Naples et du Hanovre ; Saint-Cyr vientjoindre Masséna dans le Frioul, et Berna-dotte, quittant le Hanovre , vient prendreune part active aux événements d’Ulm etd’Austerlitz : après ces étonnants succès, onreprit aisément Naples et le Hanovre . Voilàqui prouve contre les diversions : citons unexemple des circonstances où elles seraientOOnvcmn'bles,
ART. XXXVI.
Dans les guerres civiles de 1793, si lesalliés avaient détaché de leurs armées 20,000hommes de troupes aguerries pour les dé-barquer en Vendée , ils eussent produit bienplus d’effet qu’en augmentant les masses quiguerroyaient sans succès à Toulon , sur leRhin et en Belgique . Voilà un cas où une di-version pouvait être non-seulement très-utile, mais décisive.
Nous avons dit qu'indépendamment desdiversions lointaines et des corps légers,on employait aussi souvent des grands dé-tachements dans la zone des opérations del’armée.
Si l’abus de ces grands corps détachéspour des buts plus ou moins secondaires,présente plus de dangers encore que l’abusdes diversions , il est juste néanmoins dereconnaître qu’il en est souvent d’avanta-geux, par fois même d’indispensables.
Ces détachements sont de deux espècesprincipales : la première consiste dans lescorps permanents qu’on est obligé d’établirquelquefois dans une direction opposée àcelle où l’on opère, et qui doivent y manœu-vrer durant toute la campagne ; les autressont des corps détachés temporairementpour exercer une influence salutaire sur uneentreprise quelconque.
Au nombre des premiers on doit placer,avant tout, les fractions d’armée détachées,soit pour former la réserve stratégique dontnous avons parlé, soit pour couvrir leslignes d’opérations et de retraite, lorsquela configuration du théâtre de la guerre peutles laisser en prise aux coups de l’ennemi.Par exemple, une armée russe, voulant fran-chir le Balkan , est forcée de laisser unepartie de ses forces pour observer Schoumla,Routschoulc et la vallée du Danube , dont ladirection est telle qu’elle vient tomber per-pendiculairement sur la ligne d’opérations :quelque succès que l’on obtienne, il faudratoujours laisser une force respectable soit.