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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE V. ART. XXXVIII.

celui-ci, puisque leurs rapports avec leplacement des ponts fait le point principalde la discussion.

Il arrive parfois que des raisons majeuresdéterminent à tenter un double passage

sur létendue dun même front dopérations,

comme cela arriva à Jourdan et à Moreauen 1796. Si lon y gagne dun côté lavan-tage davoir au besoin une double ligne deretraite , on a linconvénient, en opérantainsi sur les deux extrémités du front delennemi, de le forcer, pour ainsi dire, à serassembler sur le centre , ce qui le mettraitdans le cas de ruiner séparément les deuxarmées. Une telle opération aura toujoursdes suites déplorables , quand on aura af-faire à un général capable de profiter decette violation des principes.

Tout ce quon peut recommander à cesujet cest de diminuer les inconvénients dudouble passage, en portant du moins legros des forces sur lun des deux pointsqui serait alors décisif, puis de rapprocherle plus tôt possible les deux corps en direc-tion intérieure, pour éviter que lennemine les accable séparément. Si Jourdan etMoreau avaient suivi cette maxime et se fus-sent réunis versDonawert, au lieu de courirexcentriquement, ils eussent probablementobtenu de grands succès en Bavière , loindêtre rejetés sur le Rhin .

Du reste, ceci rentre dans les doubleslignes dopérations sur lesquelles nous na-vons pas à revenir.

article XXXVIII.

Des retraites et des poursuites.

De toutes les opérations de la guerre, lesplus difficiles sont incontestablement lel re-traites ; cela est si vrai que le célèbre princede Ligne disait avec son esprit accoutuméquil ne concevait pas comment une arméeparvenait à se retirer. Lorsquon songe, en

effet, à létat physique et moral dans lequelune armée se trouve lorsquelle bat en re-traite par suite dune bataille perdue, à ladifficulté dy maintenir lordre, aux chancesdésastreuses que le moindre désordre peutamener, on comprend pourquoi les géné-raux les plus expérimentés ont tant de peineà sy résoudre.

Quel système conseiller pour une re-traite? Faut-il combattre à outrance jusquàlentrée de la nuit, pour pouvoir lexécuterà la faveur des ténèbres ? Vaut-il mieux nepas attendre la dernière extrémité, et quit-ter le champ de bataille lorsquon peut lefaire encore avec bonne contenance ? Doit-on prendre, par une marche forcée de nuit,le plus davance possible sur lennemi, oubien sarrêter en bon ordre à une demi-marche en faisant mine daccepter de nou-veau le combat ? Chacun de ces modes, con-venable dans certains cas , pourrait dansdautres causer la ruine totale de larmée,et si la théorie de la guerre est impuissanteen quelques points, cest certainement en cequi se rapporte aux retraites.

Si vous voulez combattre à toute forcejusquà la nuit, vous pouvez vous exposer àune défaite complète avant que cette nuit nesoit venue, et puis si une retraite forcée de-vait se faire au moment les ténèbres com-mencent à tout envelopper de leur voile,comment éviter la décomposition de larméequi ne sait et ne voit plus ce quelle fait? Silon quitte, au contraire, le champ de ba-taille en plein jour, et sans attendre la der-nière extrémité, on peut sexposer à perdrela partie au moment lennemi renonce-rait lui-même à poursuivre ses attaques, cequi ferait perdre toute la confiance destroupes, toujours disposées à blâmer leschefs prudents qui battent en retraite avantdy être évidemment contraints. De plus ,qui saurait garantir quune retraite exécutéeen plein jour devant un ennemi un peu en-treprenant, ne dégénère en déroute ?

Lorsque la retraite est enfin commencée,

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