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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE V. - ART. XXXVIII.

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r *le, sinon pour le talent stratégique deschefs qui en dirigèrent la première période,du moins pour laplomb et la fermete ad-mirable des corps de troupes qui lexécu-terent

Enfin, bien que la retraite de Moscou aitété pour Napoléon une sanglante catastroplie, on ne saurait contester qu elle fut glo-rieuse pour lui et pour ses troupes, a Kras-noi comme à la Berezina j car les cadres delarmée furent sauvés, tandis quil nauraitpas en revenir un homme. Hans ce mé-morable événement, les deux partis se cou-vrirent dune gloire égale, les chances seu-les différèrent comme les résultats.

La grandeur des distances et la nature dupays quon a à parcourir, les ressourcesquil offre, les obstacles que lon peut re-douter de lennemi sur les flancs et les der-rières, la supériorité ou linfériorité que lona en cavalerie, lesprit des troupes ; tellessont les principales causes qui influent surle sort des retraites, indépendamment desdispositions habiles que les chefs peuventfaire pour lés assurer.

Une armée, se repliant chez elle sur saligne de magasins, peut conserver ses trou-pes ensemble, y maintenir lordre, et fairesa retraite avec plus de sécurité que cellequi doit cantonner pour vivre, et sétendrepour trouver des cantonnements. 11 seraitabsurde de prétendre quune armée fran-çaise, se repliant de Moscou sur le Niémen ,sans aucune ressource en vivres, manquantde cavalerie et de chevaux de trait, put lefaire avec le même ordre et le même aplombque 1 armée russe, bien pourvue de tout,marchant dans son propre pays et couvertepar une immense cavalerie légère.

Il y a cinq manières de combiner une re-traite :

La première, cest de marcher en massesur une seule route ;

La seconde, cest de séchelonner, surcette seule route, en deux ou trois corpsmarchant à une journée do distance pour

éviter la confusion, surtout dans le ma-tériel ;

La troisième consiste à marcher sur unmême front, par plusieurs routes parallèlesmenant au même but ;

Laquatrième, cest de partir de deuxpoints éloignés vers un but excentrique ;

La cinquième, serait de marcher, au con-traire, par plusieurs routes concentriques.

Je ne parle pas des dispositions particu-lières à une arrière-garde ; il est entenduquon doit en former une bonne et la sou-tenir par une partie des réserves de cava-lerie. Ces sortes de dispositions sont com-munes à toutes les espèces de retraites, etil ne sagit ici que des points de vue stra-tégiques.

Une armée qui se replie intacte, aveclidée de combattre dès quelle aura atteintsoit un renfort attendu, soit un point straté-gique auquel elle vise , doit suivre le pre-mier système de préférence , car cest celuiqui assure le plus de compacité aux diffé-rentes parties de larmée, et lui permet desoutenir un combat toutes les fois quelle leveut ; elle na pour cela quà arrêter sestetes de colonnes , et à former le reste destroupes sous leur protection à mesureqn elles arrivent. II va sans dire néanmoinsque larmée adoptant ce système, ne doitpas marcher en totalité sur la grande route,lorsquelle peut trouver des petits cheminslatéraux qui rendraient ses mouvements plusprompts et plus sûrs.

Napoléon , en se retirant de Smolensk ,adopta le second système par échelons àune marche entière, et fit en cela une fautedautant plus grave, que lennemi ne lesuivait pas en queue, mais bien dans unedirection latérale qui venait tomber pres-que perpendiculairement au milieu de sescorps isolés : les trois journées de Krasnoi,si fatales à son année, en furent le résultat.Ce système, échelonné sur une même route,ne pouvant avoir pour but que déviter len-combrement , il suffit (pie lintervalle entre