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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE V. ART. XXXVIII.

lheure du départ des corps soit assez grandpour que lartillerie puisse filer ; au lieu demettre une marche entière entre eux, il suf-fira donc de diviser larmée en deux masseset une arrière-garde , à une demi-marchelune de lautre: ces masses sébranlant suc-cessivement, et mettant un intervalle dedeux heures entre le départ de leurs corpsdarmée, fileraient sans encombre, du moinsdans les contrées ordinaires. Au Saint-Ber-nard et au Balkan , il faut sans doute dau-tres calculs.

Japplique cette idée à une armée de 120à 180,000 hommes qui aura une arrière-garde de 20 à 28,000 hommes à une demi-marche environ, et dont le surplus seradivisé en deux masses denviron 60,000chacune, également campées en échelon àla distance de trois à quatre lieues. Les deuxou trois corps darmée dont se composerachacune de ces masses pourront aussi êtreéchelonnés dans la direction de la route,ou bien formés sur deux lignes en traversde la route. Dans lun et lautre cas , si uncorps de 80,000 hommes se met en marcheà S heures du matin et lautre à 7 heures,il ny aura aucune crainte dencombrement,à moins daccident extraordinaire, car laseconde masse partant aux mêmes heuresà h lieues plus en arrière, narrivera quede midi à deux heures dans les positionsquittées depuis bien longtemps par la pre-mière.

Lorsquil y a des chemins vicinaux prati-cables, du moins pour linfanterie et la ca-valerie , cela diminuera dautant plus lesintervalles. U nest pas besoin dajouter quepour marcher ainsi il faut des vivres, quela marche de la 8° catégorie est en généralpréférable puisquon marche dans lordremême de bataille : enfin, que dans les grandsjours et dans les pays chauds, il faut marcheralternativement de nuit et de bon matin. Ausurplus, cest une des branches les plus dif-ficiles de la logistique de bien savoir com-biner la mise en marche des troupes ainsi

que leurs haltes : dans les retraites surtoutcest un point capital.

Bien des généraux négligent de régler lemode et le temps des haltes, ce qui est causede tous les désordres dans les marches,chaque division ou brigade croyant pou-voir sarrêter quand ses soldats sont un peufatigués ou trouvent un bivouac agréable.Plus larmée est considérable, plus ellemarche ensemble, plus il importe de bienrégler les départs et les haltes, surtout lors-quon se décide à des marches de nuit. Unehalte intempestive dune partie de colonnepeut faire autant de mal quune déroute.

Si larrière-garde est un peu pressée,larmée doit faire halte pour la relever parun corps frais de la seconde masse quiprendra position à cet effet. Lennemi voyant80,000 hommes formés, devra songer à sar-rêter pour réunir ses colonnes, alors la re^traite devra recommencer à lentrée de lanuit pour regagner du terrain.

La troisième méthode de retraite, cellede suivre plusieurs routes parallèles , esttrès-convenable lorsque ces routes sontassez rapprochées lune de lautre. Mais sielles sont trop éloignées , chacune des ailesde larmée, séparée des autres, pourraitêtre isolément compromise, si lennemi,dirigeant ses plus grandes forces sur elle,lobligeait à recevoir le combat. Larméeprussienne, venant en 1806 de Magdebourg pour gagner lOder , en fournit la preuve.

Le quatrième système, qui consiste àsuivre deux routes concentriques, est sansdoute le plus convenable lorsque les troupesse trouvent éloignées Tune de lautre aumoment la retraite est ordonnée : riende mieux alors que de rallier ses forces , etla retraite concentrique est le seul moyendy réussir.

Le cinquième mode indiqué nest autrechose que le fameux système des lignes ex-centriques que jai attribué à Bulow, et com-battu avec tant de chaleur dans les pre-mières éditions de mes ouvrages, parce que