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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE V.-ART. XXXVIII.

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jai cru quil ny avait pas moyen de se mé-prendre ni sur le sens de son texte , ni surle but de son système. Jai compris par sadéfinition quil recommandait les retraitespartant dun point donné pour se divisersur plusieurs directions divergentes, autantpour se soustraire plus facilement a la poursuite de lennemi que pour larrêter en me-naçant ses flancs et sa propre ligne d ope-rations. Jai hautement blâmé un pareilsystème, par la raison quune armée battueest déjà assez faible en elle-même, sanslaffaiblir encore par une division absurde Ide ses forces en présence dun ennemi vic-torieux.

Rulow a trouvé des défenseurs qui ontaffirmé que javais mal saisi le sens de sesparoles, vu que, par retraites excentriques,il nentendait point les retraites faites surplusieurs directions divergentes , mais biendes retraites qui , au lieu de se diriger vers. le centre de la base dopérations ou vers lecentre du pays, sen iraient dans une direc-tion excentrique de ce foyer dopérations,en se prolongeant sur la circonférence desfrontières.

Il est possible que je me sois, en effet,trompé sur son intention; dans ce cas, macritique tomberait delle-même, puisque jaifortement appuyé ces sortes de retraites quejai, à la vérité, nommé des retraites paral-lèles. En effet, il me semble quune armée,quittant la ligne convergente qui mène ducercle des frontières au centre de lÉtat,pour se porter à droite ou à gauche , mar-cherait bien dans la direction à peu prèsparallèle avec sa ligne de frontières , ouavec son front dopérations et sa base. Dèslors il me semble aussi plus rationnel dedonner le nom de retraites parallèles à cellesqui suivent cette dernière direction, en lais-sant le nom de retraites excentriques pourcelles qui partiraient du front stratégiquedans des directions divergentes.

Quoi quil en soit de cette dispute demots , dont lobscurité du texte de Bulow

serait la seule cause, je nentends blâmerque les retraites divergentes, exécutées surplusieurs rayons , sous prétexte de couvrirune plus grande étendue de frontières et domenacer lennemi sur ses deux flancs.

Avec ces grands mots de flancs, on donneun air dimportance aux systèmes les pluscontraires aux principes de lart. Une arméeen retraite est toujours inférieure physi-quement et moralement, parce quelle nese retire que par suite de revers ou de soninfériorité numérique. Faut-il donc laffai-blir encore plus en la disséminant? Je necombats pas les retraites exécutées sur plu-sieurs colonnes pour les rendre plus faciles,lorsque ces colonnes pourront se soutenir ;je parle de celles quon effectuerait sur deslignes dopérations divergentes. Je supposeune armée de 40,000 hommes en retraitedevant une autre de 60,000. Si la premièreforme quatre divisions isolées denviron10,000 hommes, lennemi, en manœuvrantavec deux masses de i0,000 hommes cha-cune, ne pourra-t-il pas tourner, envelop-per , disperser et ruiner successivementtoutes ces divisions ? Quel moyen auront-elles déchapper à leur sort? celui de se con-centrer, Or , ce moyen étant opposé à unedisposition divergente, ce système tombe delui-mênie.

Jinvoquerai, à lappui de mon raisonne-ment , les grandes leçons de lexpérience.Lorsque les premières divisions de larméedItalie furent repoussées par Wurmser,Bonaparte les rassembla toutes àlloverbella,et quoiquil neût que 40,000 hommes, il enbattit 60,000, parce quil neut à combattreque des colonnes isolées. Sil avait lait uneretraite divergente , que seraient devenuesson armée et ses conquêtes ? Wurmser, aprèsce premier échec , fit une retraite excentri-que, en dirigeant ses deux ailes vers les ex-trémités de sa ligne de défense : quarriva-t-il ? La droite, quoique favorisée parlesmontagnes du Tyrol, fut battue à Trente ;Bonaparte se dirigea ensuite sur les der-