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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE V.ART. XXXVUI.

le p ar i s sera it impossible ou du moinsh'ès-hasardeuse, tant quune armée fran-çaise intacte resterait basée sur sa ceinturede places fortes. Il en est, au reste, demême pour toutes les contrées ayant dou-bles fronts dopérations (1).

LAutriclie naurait peut-être pas les mê-mes avantages, à cause de la direction desAlpes rhétiques et tyroliennes et du coursdu Danube ; à la vérité, Lloyd, considérantla Bohême et le Tyrol comme deux bastionsdont la ligne de lInn forme la redoutablecourtine, semble, au contraire, présentercette frontière comme la plus avantageuseà défendre par des mouvements latéraux. .Cette assertion a reçu, comme nous lavonsdit, de cruels démentis dans les campagnesde 1800 , 1805 et 1809 , mais comme la dé-fense latérale ny a pas été précisément biententée, la question est encore susceptible decontroverse.

Tout dépend, selon moi, des situationsrespectives et des antécédents ; si une arméefrançaise, venant du Rhin par la Bavière ,trouvait des alliés sur le Lech et lIser, etquelle fût en forces, il serait asseï délicatde jeter toute larmée autrichienne dans leTyrol et dans la Bohème, dans lidée dar-rêter ainsi sa marche directe ; car il faudraittoujours laisser la moitié de cette arméeautrichienne sur lInn pour couvrir les ap-proches de la capitale ; alors il y aurait di-vision funeste dans les forces, et si lon sedécidait à concentrer larmée entière dansle Tyrol, en laissant la route de Vienne àdécouvert, le moyen serait bien dangereuxen présence dun ennemi entreprenant. EnItalie , au delà du Mincio, la défense latéraleserait difficile du côté du Tyrol, et en Bo-hême aussi contre un ennemi venant deSaxe , parce que léchiquier manqueraitdétendue.

(1) Dans tous ces calculs, je suppose les forcesà peu pies égales; si larmée envahissante est ledouille plus forte, alors elle peut suivre, avec la

Mais cest surtout en l'appliquant à laPrusse, que ce système de retraites paral-lèles offre toutes les variantes dont il estsusceptible, car il serait parfait contre unearmée débouchant de la Bohême sur lElbe ou sur lOder , tandis quil serait tout à faitimpossible contre une armée française ve-nant du Rhin , ou contre une armée russevenant de la Vistule , à moins, toutefois, quela Prusse ne fût alliée à lAutriche . La rai-son de cette.différence est dans la configu-ration géographique du pays, qui permet,et qui favorise même les mouvements laté-raux dans la direction de sa grande profon-deur (de Mémel à Mayence ), mais qui lesrendrait désastreux dans la direction dupetit espace quoffre le pays du midi aunord ( de Dresde à Stettin ).

Lorsquune armée se met en retraite, parquelque motif que ce soit, il y a nécessaire-ment aussi une poursuite.

La retraite, même mieux ordonnée,e xecutee avec une armée intacte , donnetoujours un avantage à celui qui poursuit;mais cest surtout après une défaite et dansdes contrées éloignées que la retraite de-vient toujours lopération la plus épineusede la guerre, et ses difficultés saccroissentproportionnellement à lhabileté que len-nemi déploiera dans sa poursuite.

Laudace et lactivité de la poursuite se-ront naturellement influencées par le carac-tère plus ou moins entreprenant des chefs,mais aussi par létat physique et moral desdeux armées. On peut difficilement donnerdes règles absolues sur tous les cas quunepoursuite peut présenter, mais il faut re-connaître :

1° Quen thèse générale, il est avantageux

moitié de ses troupes , celle qui se retire parallèle-ment, et porter lautre moitié sur la capitale ; maisà forces égales, cela serait impossible.