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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE V. - ART. XXXVIII.

de la diriger sur le flanc des colonnes plutôtque sur la queue, surtout quand on est dansson propre pays, et que lon peut sans dan-ger prendre une direction diagonale oumême perpendiculaire à la ligne dopéra-tions de ladversaire. Toutefois, il ne fau-drait pas se laisser entraîner à des mouve-ments trop larges, qui feraient perdre latrace de lennemi ;

2° Quil est aussi généralement convena-ble de mettre dans la poursuite le plus dac-tivité et daudace possible, surtout quandelle est le résultat dune bataille gagnée,parce que la démoralisation entraîne laperte de larmée battue ;

3° Quil est peu de cas il soit sage defaire un pont dor à lennemi, quoi quendise lancien adage romain; cela ne peutguère arriver que dans les occasions ouune armée inférieure en forces aurait rem-porté un succès presque inespéré.

Nous ne saurions rien ajouter dessen-tiel à ce quon vient de dire des retraites ,sous le rapport des grandes combinaisons.11 nous reste à indiquer les mesures detactique qui peuvent en faciliter lexé-cution.

Un des moyens les plus sûrs de bien exércuter une retraite , cest de familiariser lesofficiers et les soldats avec lidée que, dequelque côté que vienne lennemi, ils necourent pas plus de risque en le combattanten queue quen tête ; il faut aussi les per-suader que le maintien de lordre est le seulmoyen de sauver une troupe inquiétée dansune marche rétrograde. Cest surtout dansces occasions que lon peut apprécier lesavantages dune forte discipline, qui seradans tous les temps le meilleur garant dumaintien de lordre ; mais pour exiger de ladiscipline , il importe dassurer les subsis-

(1) Les qualités qui distinguent un bon généraldarrière-garde ne sont pas communes, dans lesarmées méridionales surtout. Le maréchal Ney étaitle type de ce que lon pouvait désirer de plus par

tances , afin déviter que les troupes se dé-bandent en maraudant.

Il est bon de placer à larrière-garde unchef doué dun grand sang-froid, et desofficiers détat-major qui reconnaissent da-vance les points favorables larrière-garde pourrait tenir pour suspendre lamarche de lennemi , afin dy placer la ré-serve de larrière-garde avec du canon (1).On aura soin de relever successivement lestroupes échelonnées, de maniéré à ne jamaisles laisser serrer de trop près.

La cavalerie pouvant aisément gagner devitesse pour se rallier au corps de bataille,on comprend que de bonnes masses de cettearme facilitent beaucoup une retraite lenteet méthodique, et donnent aussi les moyensde bien éclairer et flanquer la route , pouréviter que JLennemi ne vienne à limprovistetroubler la marche des colonnes et en cou-per une partie.

Il suffit, en général, que larrière-gardetienne 1 ennemi à une demi-marche du corpsde bataille; lexposer plus loin serait hasar-deux et inutile : néanmoins, lorsquelle aurades défilés derrière elle, et quils seront biengardés par les siens, elle pourra prolongerun peu sa sphère dopérations et resterjusquà une marche de larmée, caries dé-filés facilitent autant une retraite quand onen est maître, quils la rendent difficile lors-que lennemi sen est emparé. Si larméeest très-nombreuse et larrière-garde forteà proportion, alors elle peut bien demeurerjusquà une marche en arrière : cela dépendde sa force, de la nature du pays, et delennemi auquel on a affaire. Si celui-cidevenait trop pressant, il importerait de nepas se laisser serrer de trop près, surtout silarmée était encore en assez bon ordre : ilconvient, dans ce cas, de sarrêter de temps

fait en ce genre : larmée russe est favorisée sousce rapport, car lesprit général de ses troupes estpartagé nécessairement par les chefs.