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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE V.

ART. XXXV11I.

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a autre, et de tomber à limproviste. sur lesavant-gardes ennemies, comme larcliiducCharles le fit en 1796 à Néresheim , Moreauà Biberach et Kléber à Ukerath. Une tellemanœuvre réussit presque toujours par lasurprise que ce retour offensif cause dansune troupe qui ne sattend quà recueillirdes trophées faciles.

Les passages de rivières en retraite offrentaussi des combinaisons qui ne sont pas sansintérêt : si cest une petite rivière avec desponts permanents, ce nest quun passagede défilé ordinaire , mais si cest un fleuvequon doive franchir sur des ponts de ba-teaux , cest une manœuvre plus délicate.Toutes les précautions que lon peut pre-scrire se bornent faire prendre les devantsaux parcs pour ne pas en être encombré :cette mesure indique assez quil est conve-nable que larmée fasse halte à une demi-marche au moins de la rivière. Dans ce cas,il sera bon aussi que larrière-garde setienne un peu plus loin du corps de batailleque de coutume, en tant que les localités dupays et les forces respectives ne sy oppose-raient point. Par ce moyen, larmée aura letemps de filer sans être serrée de trop près ;il faudra seulement combiner la marche delarrière-garde de manière à ce quelle soiten position en avant des ponts , Lorsque lesdernières troupes du corps de bataille effec-tueront leur passage. Ce moment décisifparaîtra sans doute convenable pour releverlarrière-garde par un corps frais , quondisposerait à lavance sur un terrain bienreconnu. Alors larrière-garde traverserales intervalles de ce corps pour passer larivière avant lui, et lennemi, étonné detrouver des troupes fraîches et disposées àles bien accueillir, ne tentera pas de les pous-ser : on gagnera ainsi la nuit sans échec, etla nouvelle arrière-garde pourra à son tourpasser et rompre les ponts.

Il est entendu que les troupes, à mesurede leur passage, doivent se former à lissuedes ponts, et placer leurs batteries de ma-nière à protéger les corps restés pour tenirtête à lennemi.

Les dangers dun tel passage en retraite,et la nature des précautions qui peuvent lefaciliter, indiquent assez que le meilleurmoyen de le favoriser , serait de prendredavance ses mesures pour construire unetête de pont retranchée sur le point lonaurait jeté les ponts. Dans le cas le tempsne permettrait pas den élever une régulière,on pourra du moins y suppléer par quelquesredoutes bien armées, qui seront dunegrande utilité pour protéger la retraite desdernières troupes.

Si un passage de grande rivière offre tantde chances délicates lorsquon est suivi enqueue par lennemi, cest une affaire bienplus scabreuse encore quand larmée setrouve assaillie à la fois en tête et en queue,et que la rivière à franchir est gardée par uncorps imposant.

Le passage doublement célèbre de la-rézina par les Français , est un des exemplesles plus remarquables dune pareille opé-ration : jamais armée ne se trouva dans unesituation plus désespérée et ne sen tira plusglorieusement et plus habilement. Presséepar la famine, abîmée par le froid, éloignéede B00 lieues de sa base, assaillie en tête eten queue sur les bords dune rivière maré­ cageuse et au milieu de vastes forêts, com-ment espérer quelle pût en échapper ? Sansdoute, elle paya cher cet honneur ; sansdoute, la faute de lamiralTschitcliakoff con-tribua puissamment à la tirer dembarras ;mais larmée nen fit pas moins des effortshéroïques auxquels on doit rendre hom-mage. On ne sait ce quil faut admirer leplus , du plan dopérations qui amena lesarmées russes du fond de la Moldavie , deMoscou et de Polotsk , sur la Bérézina, commeà un rendez-vous de paix , plan qui faillitamener la capture de leur redoutable ad-