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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE y.

ART. XXXIX.

versaire , ou de la constance admirable dulion ainsi poursuivi, et qui parvint à sou-vrir un passage.

Ne pas se laisser serrer de trop près,tromper lennemi sur le point de passage,fondre sur le corps qui barre la retraiteavant que celui qui suit en queue puisse serallier à lui, sont les uniques préceptes àdonner. On peut y ajouter celui de ne ja-mais se placer en pareille position, car ilest rare quon puisse sen tirer. /

Si larmée en retraite doit tout faire pourmettre ses ponts à labri dinsulte, soit parune tête de pont régulière, soit par uneligne de redoutes qui protègent du moinslarrière -garde, il est naturel aussi que len-nemi poursuivant prenne toutes les mesurespossibles pour détruire les ponts. Lorsquela retraite se fait en descendant le cours dufleuve, il peut y jeter des bâtiments en bois,des brûlots , des moulins , comme les Autri-chiens le firent contre larmée de Jourdan,en 1796 , près de Neuwied sur le Rhin ,ils faillirent compromettre larmée de Sam-bre-et-Meuse. Larchiduc Charles en fit au-tant en 1809, au fameux passage dEssling ;il rompitlepont du Danube , etmitNapoléonà deux doigts de sa perte.

Il y a peu de moyens pour placer un pontà labri dépareilles attaques, à moins quonnait le temps de préparer des estacades depilotis. On peut aussi amarrer, par des câ-bles, quelques bateaux pour arrêter les ma-tériaux lancés sur le courant, et avoir lemoyen déteindre les brûlots.

ARTICLE XXXIX.

Des cantonnements en marche ou en quartiersd'hiver.

On a tant écrit sur cette matière , et elletient si indirectement à notre sujet, quenous nen dirons que peu de mots.

Les cantonnements en pleine guerre sont,en général, une opération assez délicate;quelques resserrés quon puisse les faire, ilest toujours difficile quils le soient assezpour ne pas donner prise à lennemi. Unpays il y a abondance de grandes villes,comme la Lombardie , la Saxe, les Pays-Bas,la Souabe , la vieille Prusse , présente plusde facilités pour y établir des quartiers, quedes pays les villes sont rares : non-seule-ment on y trouve des ressources pour lasubsistance des troupes, mais encore desabris rapprochés qui permettent de tenirles divisions ensemble. En Pologne , enRussie , dans une partie de lAutriche et dela France , en Espagne , dans lItalie méri-dionale , il est plus difficile de sétablir enquartiers dhiver.

Autrefois chaque parti y entrait de soncôté à la fin doctobre, et on se contentait desenlever réciproquement quelques batail-lons trop isolés aux avant-postes ; cétait laguerre des partisans.

La surprise des quartiers dhiver autri-chiens par Turenne, dans la haute Alsace ,en 1674, est une des opérations qui indi-quent le mieux ce quon peut entreprendrecontre des cantonnements ennemis, et lesprécautions quon doit prendre de son côtépour que lennemi ne forme pas les mêmesentreprises.

Etablir ses cantonnements très-serrés, etsur un espace aussi étendu en profondeurquen largeur, afin déviter une ligne troplongue, toujours facile à percer et impossi-ble à rallier ; les couvrir par une rivière oupar une première ligne de troupes bara-quées et appuyées douvrages de campagne;fixer des lieux de concentration que lonpuisse en tout cas atteindre avant lennemi;faire battre les avenues de larmée pardes patrouilles permanentes de cavalerie ;enfin, établir des signaux dalarme pourle cas dune attaque sérieuse ; voilà, se-lon moi , les meilleures maximes quonpuisse donner.