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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE V. ART. XL.

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Dans lhiver de 1807, Napoléon cantonnason armée derrière la Passarge en face delennemi ; les avant-gardes seules furentcampées dans des baraques à proximitédes villes de Gutstadt, Osterode, etc. Cettearmée dépassait 120,000 hommes, et il fal-lut beaucoup dhabileté pour la mainteniret la nourrir dans cette position jusquaumois de juin. Le pays prêtait, il est vrai, àce système, et lon nen trouve pas partoutdaussi convenable.

Une armée de 100,000 hommes peut trou-ver des quartiers dhiver serrés dans lespays les villes abondent, et dont nousavons parlé plus haut. Quand larmée est

plus nombreuse, la difficulté saccroît ; tou-tefois, il est vrai que si létendue des quar-tiers saugmente à mesure de la force nu-mérique, il faut avouer aussi que les moyensde résistance à opposer à une irruption en-nemie saccroissent dans la même progres-sion : lessentiel est de pouvoir réunir 50 à60,000 hommes en 24 heures; avec cetteforce et la certitude de la voir encore aug-menter successivement, on peut résisterjusquau rassemblement de larmée, quel-que nombreuse quelle soit.

Malgré cela, il faut convenir, quil seratoujours délicat de cantonner lorsque len-nemi, restant réuni, voudrait y mettre ob-stacle, et on doit en conclure, que le seulmoyen assuré de reposer une armée durantlhiver, ou au milieu dune campagne, cestde lui donner des quartiers garantis parun fleuve ou par un armistice.

Dans les positions stratégiques quune ar-mée prend dans le courant de la campagne ,soit en marche, soit pour rester en observa-tion, ou pour attendre loccasion de ressai-sir loffensive, elle occupera probablementaussi des cantonnements serrés : ces sortesde positions exigent, de la part du généralun calcul exercé, pour juger tout ce quilpeut avoir à redouter de lennemi. Larméedoit embrasser un espace suffisant pour ytrouver des moyens dexistence, et cepen-

dant elle doit demeurer, aussi bien que pos-sible, en mesure de recevoir lennemi sil seprésentait : deux conditions assez difficilesà concilier. Il ny a pas de meilleur moyenque de placer ses divisions sur un espace àpeu près carré, cest-à-dire, aussi étenduen profondeur quen largeur, de manièrequen cas dévénement, on puisse réunir lar-mée sur tout point de léchiquier len-nemi viendrait linquiéter. Neuf divisions,placées ainsi à une demi-marche lune delautre, peuvent en douze heures être réu-nies sur celle du centre. On doit, du reste,pratiquer en pareil cas tout ce qui est re-commandé pour les quartiers dhiver.

ARTICLE SL.

Des descentes.

Les descentes sont une des opérations dela guerre qui se voient le plus rarement, etquon peut ranger au nombre des plus diffi-ciles, lorsquelles ont lieu en présence dunennemi bien préparé.

Depuis linvention de lartillerie et leschangements quelle a produire dans lamarine , les vaisseaux de transport sonttrop subordonnés aux colosses à trois pontsarmés de cent foudres de guerre , pourquune armée puisse effectuer des des-centes 6ans le secours dune flotte nom-breuse de vaisseaux de haut bord, quitienne la mer, du moins jusquau momentdu débarquement.

Avant cette invention, les vaisseaux detransport étaient à la fois des vaisseaux deguerre; ils allaient au besoin à la rame,étaient légers et pouvaient longer les côtes ;leur nombre était proportionné aux troupesà embarquer ; et, à part la chance des tem-pêtes , on pouvait presque combiner lesopérations dune flotte comme celles dunearmée de terre. Aussi Thisloire ancienne