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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VI. ART. XLï.

former de bons plans, sera incontestable-ment de faciliter lexécution de ses ordrespar la manière lucide dont il les rédigera.Quoique ce soit, au fond, la besogne de sonchef détat-major, ce sera toujours du com-mandant en chef quémanera le mérite deses dispositions sil est un grand capitaine ;en cas contraire, le chef détat-major y sup-pléera autant quil sera en son pouvoir,en se concertant bien avec le chef respon-sable.

Jai vu employer par moi-même deuxsystèmes fort opposés pour cette brancheimportante du service : le premier, que lonpeut nommer la vieille école, consiste àdonner chaque jour, pour les mouvementsde larmée, des dispositions générales rem-plies de détails minutieux et en quelquesorte scolastiques, dautant plus déplacésquils sont ordinairement adressés à deschefs de corps assez expérimentés pourquon ne les mène pas a la lisiere commedes sous-lieutenants sortant de 1 ecole.

Lautre système est celui des ordres iso-lés, donnés par Napoléon à ses maréchaux,ne prescrivant à chacun deux que ce quile concernait particulièrement, et se bor-nant tout au plus à leur donner connais-sance des corps destinés à opérer en com-mun avec eux, soit à droite, soit à gauche,mais ne leur traçant jamais lensemble desopérations de larmée entière (1). Jai eulieu de me convaincre quil en agissait ainsipar système, soit pour couvrir lensemblede ses combinaisans dun voile mystérieux,soit dans la crainte que des ordres plus gé-néraux venant à tomber entre les mains de

(1) Je crois quau passage du Danube avant JVa-gram et au début de la seconde campagne de 1813,Napoléon dévia de son habitude en traçant un or-dre général.

(2) On me reprochera peut-être dinterdire iciaux chefs de létat-major général, ces mêmes dé-tails que je place plus haut au nombre de leurs plusimportants devoirs ; ce qui serait injuste. Ces dé-tails sont, en effet, du ressort de létat-major, ce

lennemi, naidassent celui-ci à déjouer sesprojets.

Sans doute, il est fort avantageux de te-nir ses entreprises secrètes, et Frédéric le Grand disait avec raison que, si son bonnetde nuit savait ce quil avait en tête, il lejetterait au feu. Ce secret pouvait être pra-ticable du temps Frédéric campait avectoute son armée blottie autour de lui ; maissur léchelle Napoléon manœuvrait, etavec la manière de faire la guerre aujour-dhui, quel ensemble espérer de la part degénéraux qui ignoraient absolument ce quise passe autour deux?

De ces deux systèmes, le dernier me pa-raît préférable ; toutefois on pourrait adop-ter un terme moyen entre le laconisme sou-vent outré de Napoléon et le verbiageminutieux qui prescrivait à des générauxexpérimentés tels que Barclay, Kleist , Witt-genstein, la manière dont ils devaient rom-pre par pelotons et se reformer en arrivantà leurs positions ; puérilité dautant plus fâ-cheuse quelle devenait inexécutable en facede lennemi (2). Il suffirait, selon moi, dedonner aux généraux des ordres particu-liers pour ce qui concerne leurs corps dar-mée, et dy joindre quelques lignes chiffréespour leur indiquer, en peu de mots, len-semble de lopération et la part qui leur estréservée. A défaut de ce chiffre, on con-fiera lordre verbal à un officier capable dele bien concevoir et de le rendre exacte-ment. Les indiscrets ne seraient plus àcraindre et lensemble dans les opérationsserait assuré.

Quoi quil en soit, la rédaction de ces

qui ne veut pas dire que le major-général, nepuisse les confier au délégué quil a dans chacundes corps darmée marchant isolément. Il auraassez à faire à diriger lensemble et à veiller par-ticulièrement sur les marches du corps de ba-taille qui accompagne ordinairement le quartier-général de larmée. On voit donc quil ny a aucunecontradiction.