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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VI.

dispositions est en elle-même une chose fortimportante, bien quelle ne remplisse pastoujours ce quon serait en droit den atten-dre : chacun rédige ses instructions selonses vues, son caractère, sa capacité, et uenne saurait mieux signaler le degré de méritédes chefs dune armée, que la lecture atten-tive des dispositions quils ont données aleurs lieutenants : cest la meilleure biogra-phie quon puisse désirer.

Mais il est temps de quitter cette digres-sion pour en venir à larticle des marches ;

g 0 Larmée étant rassemblée et voulantse porter à une entreprise quelconque, ilsagira de la mettre en mouvement avectout lensemble et la précision possibles ,en prenant toutes les mesures dusages pourléclairer et la couvrir dans ses mouvements.

Il est deux sortes de marches : celles quise font hors de vue de lennemi, et cellesqui ont lieu en sa présence, lorsquil sagitde se retirer ou de lattaquer. Ces marchessurtout ont subi de grands changementsdans les dernières campagnes. Jadis les ar-mées ne sabordaient guère quaprès avoirété plusieurs jours en présence; alors lat-taquant faisait ouvrir, par des pionniers,des chemins parallèles pour les diversescolonnes. Aujourdhui on saborde pluspromptement et Ton se contente des che-mins existants. Toutefois il est essentiel,lorsquune armée est en marche, que despionniers et des sapeurs suivent les avant-gardes, pour multiplier les issues, aplanirles difficultés, jeter au besoin de petits pontssur les ruisseaux, et assurer de fréquentescommunications entre les divers corpsdarmée.

Dans la manière actuelle de marcher lecalcul du temps et des distances est devenuplus compliqué; les colonnes du ne annéeayant toutes des espaces différents à parcou-rt) Napoléon ne le faisait jamais parce quil pré-tendait quon ne devait jamais croire davance à lapossibilité dêtre battu. Dans bien des marches

ART. XL1.

rir, il faut savoir combiner le moment deleur départ et leurs instructions : 1° avecles distances quelles ont à franchir ; 2avec le matériel plus ou moins considérableque chacune traînera à 6a suite; 3 avecla nature du pays plus ou moins difficile ;

4° avec les rapports quon a sur les obstaclesque lennemi peut leur opposer; 8° avec ledegré dimportance quil y aurait à ce queleur marche fût cachée ou découverte.

Dans cet état de choses, le moyen qui pa-raît le plus sûr et le plus simple pour ordon-ner les mouvements, soit aux grands corpsformant les ailes de larmée, soit à tous ceuxqui ne marcheraient pas avec la colonnese trouve le quartier général, sera de senrapporter pour les détails à lexpérience desgénéraux commandant ces corps , en ayantsoin de les habituer à une grande ponctua-lité. Alors il suffira de leur indiquer le pointet le but quils doivent chercher à atteindre,la route quils doivent prendre, et lheureà laquelle on compte quils arriveront enposition. Bien entendu quon doit leurfaire connaître les corps qui marcheraient,soit avec eux, soit sur les routes latéralesde droite et de gauche , pour quils puis-sent se régler en conséquence; enfin, onleur dira ce quon saurait dintéressant surla présence de lennemi, et on leur indi-quera une direction de retraite sils y étaientforcés (1).

Tous les détails qui tendraient à prescrirechaque jour, aux chefs de ces corps, lamanière de former leurs colonnes et de lesremettre en position, sont du pédantism»'plus nuisible quutile. Tenir la main à cequils marchent habituellement selon lesrèglements ou usages adoptés, cest chosenécessaire ; mais il faut leur laisser la lati-tude dorganiser leurs mouvements de ma-nière à arriver à lheure et au point indi-

cest, en effet, une précaution inutile, mais enbeaucoup de cas, elle est indispensable.