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CHAPITRE VI. — ART. XLI.
qués, sauf à les renvoyer de l’armée s’ils ymanquent par leur faute ou leur mauvaisevolonté. Dans les retraites, néanmoins, quiseraient échelonnées sur une seule route ,il faudra prendre des mesures précises pourles départs et les haltes.
Il va sans dire que chaque colonne doitavoir sa petite avant-garde et ses flanqueurspour marcher selon les précautions requi-ses, et il convient, lors même qu’elles mar-cheraient en seconde ligne, qu’à leur têtese trouvent toujours quelques pionniers etsapeurs des divisions, avec les outils pourouvrir les marches nécessaires, ou réparerles accidents qui pourraient survenir ; quel-ques-uns de ces travailleurs doivent êtreassignés à chaque colonne de parc; demême un leger équipage de chevalets pourjeter de petits ponts sera toujours d’unegrande utilité ;
•4° L’armée marche souvent précédéed’une avant-garde générale, ou, ce qui estplus fréquent dans le système moderne, lecorps de bataille et chacune des ailes ontleur avant-garde particulière. II est assezd’usage que les réserves et le centre mar-chent ensemble avec le quartier général,et, selon toute prohabilité , l’avant-gardegénérale, quand il en aura une, suivra lamême direction, en sorte que la moitié del’armée se trouvera ainsi agglomérée sur laroute du centre. C’est dans ces circonstan-ces surtout qu’il faut savoir bien prendrescs mesures pour éviter l’encombrement.Il arrive toutefois aussi, que les grandscoups devant se porter sur une aile, les ré-serves et le quartier général, même parfoisl’avant-garde générale, se transportent dumême côté ; en ce casq tout ce qui est indi-qué pour les mouvements du centre seraégalement praticable et recommandé pourcette aile.
H est essentiel que les avant-gardessoient accompagnées par de bons officiersd’état-major, capables de bien juger lesmouvements de l’ennemi, et d’en rendre
compte au général en chef afin d’éclairerses résolutions, ce que le commandant del’avant-garde fera aussi de son côté. 11 vasans dire qu’une avant-garde générale doitêtre composée de troupes légères de toutesarmes, de quelques troupes d’élite commecorps de bataille , de quelques dragonsdressés pour combattre à pied ; d’artillerieà cheval, de pontonniers , sapeurs , etc.,avec de légers chevalets et pontons pourpasser de petites rivières ; quelques carabi-niers bons tireurs n’y seront pas déplacés ;un officier topographe devra également lasuivre pour prendre un croquis à vue dupays, à une demi-lieue ou plus de chaquecôté de la route. Enfin, il est indispensabled’y ajouter de la cavalerie irrégulièrecomme éclaireurs, autant pour épargner labonne cavalerie, que parce que les trou-pes irrégulières sont les plus aptes à ceService ;
8° A mesure que l’armée avance ou s’é-loigne de sa base, les lois d’une bonne lo-gistique indiquent la nécessité d’organiserla ligne d’opérations et d’étapes qui doitservir de lien entre l’armée et cette base.L’état-major divisera ces étapes en arron-dissements, dont le chef-lieu sera dans laville la plus importante pour ses ressourcesen logements et en approvisionnements detoute espèce ; s’il y a une place de guerre ,le chef-lieu y sera établi de préférence.
Les étapes placées à la distance de S jus-qu’à 10 lieues , selon les villes existantes ,mais à une moyenne de 7 à 8 lieues, seraientainsi au nombre de quinze sur une ligne decext lieues, et formeraient â ou h brigadesd’étapes. Chacune d’elles aurait un com-mandant avec un détachement de troupesou de soldats convalescents, pour régula-riser les logements et servir à la fois de pro-tection aux autorités du pays (quand ellesrestent); elles fourniront les sauvegardesaux relais de poste et les escortes nécessai-res ; le commandant veillera au bon état desroutes et des ponts.