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. CHAPITRE VI. —ART. XLI.
Autant qu’on le pourra, il devra être faitde petits magasins et un parc de quèlquesvoitures , dans chacune des étapes , ou dumoins dans les chefs-lieux des brigades.
Le commandement des divisions territo-riales sera confié à des officiers générauxprévoyants et capables ; car de leurs opéra-tions dépend souvent la sécurité des com-munications de l’armée (1). Ces divisionspourront même, selon les circonstances,être transformées en réserves stratégiques,ainsi que nous avons dit à l’art. 23 ; quel-ques bons bataillons , aidés des détache-ments allant sans cesse de l’armée à sa baseet de la base à l’armée, suffiront presquetoujours au maintien des communications ;
6° Quant aux mesures moitié logistiquesmoitié tactiques, par le moyen desquelles1 etat-major doit amener les troupes de l’or-
dre de marche aux divers ordres debataille,c’est une étude aussi importante qu’elle estminutieuse. Les trois ouvrages que nousavons cités ont assez approfondi cette ma-tière, pour nous dispenser de les suivre surun terrain aussi ardu ; on ne saurait traiterces questions qu’en abordant ces détails quifont le mérite de ces ouvrages et qui sonttout à fait en dehors des bornes de celui-ci.D’ailleurs que nous resterait-il à dire après lesdeux volumes queîl. de Ternay et le colonelKoch , son commentateur, ont consacrés àdémontrer toutes les combinaisons logisti-ques des mouvements de troupes ou desdifférents procédés de formation ? Et si beau-coup de ces procédés sont bien difficiles àmettre en pratique à la face de l’ennemi, onreconnaîtra du moins leur utilité pour lesmouvements préparatoires exécutés hors depoilee, grâce à cet excellent manuel, au
traite de Guibert et an • .
et au premier ouvrage de
l'archiduc ( Grundsatze cler hoheren Kriegs-kunst ), on peut s’instruire facilement detoutes ces opérations de logistique qu’il nenous était pas permis dépasser sous silenee,mais qu’il suffit à notre plan de signaler.
Avant de quitter cet intéressant sujet, jecrois devoir rapporter quelques événementsremarquables pour faire apprécier toutel’importance d’une bonne logistique : l’unest le rassemblement miraculeux de l’arméefrançaise dans les plaines de Géra en 1806 ;le second est l’entrée en campagne de 1815.
Dans l’un et l’autre de ces événements,Napoléon sut faire affluer , avec une préci-sion admirable, sur le point décisif de lazone d’opérations, ses colonnes qui étaientparties des points les plus divergents, etassura ainsi le succès de la campagne. Lechoix de ce point décisif était une habilecombinaison stratégique, le calcul des mou-vements fut une opération logistique éma-née de son cabinet. Longtemps on a pré-tendu que Berthier était l’artisan de cesinstructions conçues avec tant de précision,et transmises ordinairement avec tant delucidité : j’ai eu cent occasions de m’assurerde la fausseté de cette assertion. L’empe-reur était lui-même le vrai chef de son état-major : muni d’un compas ouvert à uneechelle de sept à huit lieues en ligne directe(ce qui suppose toujours neuf à dix lieuesau moins par les sinuosités des routes),appuyé et quelquefois couché sur sa carte,où les positions de ses corps d’armée etcelles présumées de l’ennemi étaient mar-quées par des épingles de différentes cou-leurs , il ordonnait ses mouvements avecune assurance dont on aurait peine à sefaire une juste idée. Promenant son compasavec vivacité sur cette carte, il jugeait en
jl) Un objectera que dans les guerres nices étapes sont impraticables ; je dirai,traire, que là elles seront souvent a vent imque c’est là précisément qu’elles doivent tblies sur une plus grande échelle et qu’c