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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VI. ART. XLI.

un clin dœil le nombre de marches néces-saires à chacun de ses corps pour arriverau point il voulait lavoir à jour nommé ;puis plaçant ses épingles dans ces nouveauxsites , et combinant la vitesse de la marchequil faudrait assigner à chacune des colon-nes, avec lépoque possible de leur départ,

11 dictait ces instructions qui à elles seulesseraient un titre de gloire.

Cest ainsi que Ney venant des bords dulac deConstance, Lannes de la Haute-Souabe ,Soult et Davoust de la Bavière et du Pala-tinat, Bernadotte et Augereau de la Fran-conie, et la garde impériale arrivant deParis , se trouvèrent en ligne sur trois routesparallèles débouchant à la même hauteurentre Saalfeld , Géra et Plauen , quand per-sonne dans larmée , ni en Allemagne , neconcevait rien à ces mouvements en appa-rence si compliqués (1).

De même en 181S , quand Blücher can-tonnait paisiblement entre la Sambre et leRhin , et que lord Wellington donnait ourecevait des fêtes à Bruxelles , attendant lunet lautre le signal denvahir la France ;Napoléon , que lon croyait à Paris tout oc-cupé de cérémonies politiques dapparat,accompagné de sa garde qui venait à peinede se reformer dans la capitale, fondaitcomme léclair sur Charleroi et sur les quar-tiers de Blücher , avec des colonnes conver-geant de tous les points de lhorizon pourarriver, avec une rare ponctualité, le 1A juindans les plaines de Beaumont sur les bordsde la Sambre. (Napoléon nétait parti que le

12 de Paris .)

La combinaison de ces deux opérationsreposait sur un habile calcul stratégique,mais leur exécution fut incontestablementun chef-dœuvre de logistique.. Pour fairejuger le mérite de pareilles mesures , jerapporterai, en opposition avec elles , deux

(t) Jen excepte toutefois le petit nombre doffi-ciers capables de les pénétrer par analogie avec lesprécédents.

circonstances des fautes de logistiquefaillirent devenir fatales. Napoléon , rappelédEspagne , en 1809, par les armements delAutriche , et certain davoir la guerre aveccette puissance, dépêcha Berthier en Bavière avec la mission délicate de rassembler lar-mée, toute disséminée depuis Braunau jus-quà Strasbourg et Erfurt . Davoust revenaitde cette ville, Oudinot de Francfort ; fflas-séna en route pour lEspagne rétrogradaitpar Strasbourg sur Dim ; les Saxons, lesBavarois et les Wurtembergeois quittaientleurs pays respectifs. Des distances im-menses séparaient ainsi ces corps , et lesAutrichiens, réunis depuis longtemps, pou-vaient aisément percer cette toile daraignéeet en détruire ou disperser les lambeaux.Napoléon , justement inquiet, ordonna àBerthier de rassembler larmée àRatisbonnesi la guerre nétait pas commencée à son ar-rivée ; mais, dans le cas contraire, delàréunir plus en arrière vers Ulm .

La cause de cette double alternative né-tait pas difficile à pénétrer : si la guerre étaitcommencée, Ratisbonne se trouvait tropprès de la frontière dAutriche pour lassi-gner comme rassemblement, car les corpspourraient venir se jeter isolément au milieude 200,000 ennemis : en fixant la réunion àUlm , larmée serait concentrée plus tôt, oudu moins lennemi aurait cinq à six marchesde plus à faire pour latteindre, ce qui étaitun point capital dans la situation respectivedes deux partis.

Il ne fallait pas être un génie pour com-prendre la chose ; cependant les hostilitésnayant commencé que quelques jours aprèsl'arrivée de Berthier à Munich , ce trop cé-lèbre major général eut la bonhomie desattacher littéralement à lordre reçu, sansen expliquer lintention manifeste ; non-seulement il persista à vouloir réunir lar-mée à Ratisbonne , mais il fit même retour-ner sur cette ville Davoust, qui avait eu lebon esprit de se rabattre dAmberg sur ladirection dIngolstadt .