CHAPITRE VII. — ART. XLIII.
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moment de livrer bataille , elles ne repren-nent aussi le poste qui leur est assigné, soitpar la nature du terrain, soit par les vues dugénéral en chef.
D’après ce que nous venons d’exposer,nos lecteurs s’assureront que les errementssuivis depuis la renaissance de l’art de laguerre et l’invention de la poudre jusqu’àla révolution française , ont subi de grandschangements par l’organisation actuelle, etque pour bien apprécier les guerres deLouis XIV , de Pierre le Grand et de Fré déric II , il faut nécessairement se reporterau système adopté de leur temps.
Toutefois , une partie des anciennes mé-thodes peut être encore employée, et si, parexemple , le placement de la cavalerie surles ailes n’est plus une règle fondamentale,il peut être bon pour des armées de 80 à60,000 hommes, surtout quand le centre setrouve sur un terrain moins propre à cettearme que l’une ou l’autre des extrémités. Ilest généralement d’usage d’attacher une oudeux brigades de cavalerie légère à chaquecorps d’infanterie, ceux du centre la place-ront préférablement derrière la ligne : ceuxdes ailes peuvent la placer sur leurs flancs.Quant aux réserves de cette arme, si elle estassez nombreuse pour organiser trois corps,afin que le centre et chacune des ailes aitsa réserve , ce serait un ordre aussi parfaitqu’on puisse le désirer. A défaut de cela,on pourrait disposer cette réserve en deuxcolonnes , l’une au point où le centre se lieà la droite, l’autre entre le centre et la gau-che : ces colonnes pourraient ainsi arriveravec la même facilité sur tous les points dela ligne qui seraient menacés (1).
L’artillerie , aujourd’hui plus mobile, estbien comme autrefois répartie sur tout lefront, puisque chaque division a la sienne.Cependant il est bon d’observer que, son
(1) Il est bien entendu que ce placement sup-pose un terrain propice à cette arme, premièrecondition de tout ordre de bataille bien combiné.
organisation s’étant perfectionnée, on peutmieux la répartir selon les besoins, et c’esttoujours un grand tort que de la trop épar-piller. Il existe , au reste, peu de règlespositives sur cette répartition de l’artillerie ;car, qui oserait conseiller, par exemple,de boucher une trouée dans une ligne debataille, en plaçant 100 pièces en une seulebatterie, fort loin de toute la ligne, commeNapoléon le fit avec tant de succès à Wa-grain? Ne pouvant entrer ici dans tousles détails de cette arme, nous nous bor-nerons à dire :
1° Que l’artillerie à cheval doit être placéesur un terrain où elle puisse se mouvoir entout sens ;
2° Que l’artillerie à pied, surtout celle deposition, serait mieux placée, au contraire,sur un point où elle se trouverait couvertede fossés ou de haies qui la missent à l’abrid’une charge subite de cavalerie. Je ne diraipas que, pour lui conserver son plus grandeffet, on se garde de la placer sur des émi-nences trop plongeantes, mais bien sur desterrains plats ou des talus en glacis ; c’estce que chaque sous-lieutenant doit néces-sairement savoir ;
3° Si l’artillerie à cheval est principale-ment affectée à la cavalerie , il est bon tou-tefois que chaque corps d’armée ait lasienne , pour gagner rapidement un pointessentiel à occuper. Outre cela , il est con-venable qu’il y en ail aussi à la réserve d’ar-tillerie, afin de pouvoir la porter avec plusde promptitude au secours d’un point me-nacé. Le général Benningsen eut lieu des’applaudir à Eylau d’avoir réuni 80 pièceslégères en réserve, car, elles contribuèrentpuissamment à rétablir ses affaires entre lecentre et la gauche où sa ligne venait d’êtreenfoncée ;
A 0 Si l’on est sur la défensive, il convientde placer une partie des batteries de groscalibre sur le front, au lieu de les tenir enréserve, puisqu’il s’agit de battre l’ennemidu plus loin possible, pour arrêter l’impul-