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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII. ART. XLIII.

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moment de livrer bataille , elles ne repren-nent aussi le poste qui leur est assigné, soitpar la nature du terrain, soit par les vues dugénéral en chef.

Daprès ce que nous venons dexposer,nos lecteurs sassureront que les errementssuivis depuis la renaissance de lart de laguerre et linvention de la poudre jusquàla révolution française , ont subi de grandschangements par lorganisation actuelle, etque pour bien apprécier les guerres deLouis XIV , de Pierre le Grand et de Fré­ déric II , il faut nécessairement se reporterau système adopté de leur temps.

Toutefois , une partie des anciennes mé-thodes peut être encore employée, et si, parexemple , le placement de la cavalerie surles ailes nest plus une règle fondamentale,il peut être bon pour des armées de 80 à60,000 hommes, surtout quand le centre setrouve sur un terrain moins propre à cettearme que lune ou lautre des extrémités. Ilest généralement dusage dattacher une oudeux brigades de cavalerie légère à chaquecorps dinfanterie, ceux du centre la place-ront préférablement derrière la ligne : ceuxdes ailes peuvent la placer sur leurs flancs.Quant aux réserves de cette arme, si elle estassez nombreuse pour organiser trois corps,afin que le centre et chacune des ailes aitsa réserve , ce serait un ordre aussi parfaitquon puisse le désirer. A défaut de cela,on pourrait disposer cette réserve en deuxcolonnes , lune au point le centre se lieà la droite, lautre entre le centre et la gau-che : ces colonnes pourraient ainsi arriveravec la même facilité sur tous les points dela ligne qui seraient menacés (1).

Lartillerie , aujourdhui plus mobile, estbien comme autrefois répartie sur tout lefront, puisque chaque division a la sienne.Cependant il est bon dobserver que, son

(1) Il est bien entendu que ce placement sup-pose un terrain propice à cette arme, premièrecondition de tout ordre de bataille bien combiné.

organisation sétant perfectionnée, on peutmieux la répartir selon les besoins, et cesttoujours un grand tort que de la trop épar-piller. Il existe , au reste, peu de règlespositives sur cette répartition de lartillerie ;car, qui oserait conseiller, par exemple,de boucher une trouée dans une ligne debataille, en plaçant 100 pièces en une seulebatterie, fort loin de toute la ligne, commeNapoléon le fit avec tant de succès à Wa-grain? Ne pouvant entrer ici dans tousles détails de cette arme, nous nous bor-nerons à dire :

1° Que lartillerie à cheval doit être placéesur un terrain elle puisse se mouvoir entout sens ;

2° Que lartillerie à pied, surtout celle deposition, serait mieux placée, au contraire,sur un point elle se trouverait couvertede fossés ou de haies qui la missent à labridune charge subite de cavalerie. Je ne diraipas que, pour lui conserver son plus grandeffet, on se garde de la placer sur des émi-nences trop plongeantes, mais bien sur desterrains plats ou des talus en glacis ; cestce que chaque sous-lieutenant doit néces-sairement savoir ;

3° Si lartillerie à cheval est principale-ment affectée à la cavalerie , il est bon tou-tefois que chaque corps darmée ait lasienne , pour gagner rapidement un pointessentiel à occuper. Outre cela , il est con-venable quil y en ail aussi à la réserve dar-tillerie, afin de pouvoir la porter avec plusde promptitude au secours dun point me-nacé. Le général Benningsen eut lieu desapplaudir à Eylau davoir réuni 80 pièceslégères en réserve, car, elles contribuèrentpuissamment à rétablir ses affaires entre lecentre et la gauche sa ligne venait dêtreenfoncée ;

A 0 Si lon est sur la défensive, il convientde placer une partie des batteries de groscalibre sur le front, au lieu de les tenir enréserve, puisquil sagit de battre lennemidu plus loin possible, pour arrêter limpul-