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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII. - ART. XL1V.

distance, laissant entre eux vingt lacunes la cavalerie pourrait pénétrer en fortescolonnes, les prendre en flanc et les balayercomme la poussière au vent.

La question, avons-nons dit, ne consisteplus à discuter sur laugmentation du nom-bre des rangs dune ligne, mais seulementà décider si elle doit être composée de ba-taillons déployés, nagissant que par le feu,ou bien de colonnes dattaque formées cha-cune dun bataillon ployé sur les deux pelo-tons du centre, et nagissant que parleurimpulsion et leur impétuosité. Plusieurs écri-vains modernes ont traité ces matières avecsagacité, sans quaucun deux soit parvenuà rien présenter de concluant, parce quentactique tout est bien plus subordonné auxévénements imprévus, aux inspirations sou-dâmes, au moral et aux individualités. Gui-bert fut le plus éloquent prêneur de lordremince et des feux, et cent victoires des der-nières guerres lui ont donné cent démentis.Les marquis de Chambray et de Ternay ontabordé les mêmes questionset ont faitnaître des doutes sans les résoudre. Le coursde tactique du dernier présente néanmoins,pour les ordres de bataille surtout, des dé-veloppements précieux, non pour en for-muler des règles absolues, mais pour sefamiliariser avec les différentes combinai-sons qui peuvent en résulter : cest toutle fruit quon peut se promettre dun ouvragede tactique (1).

Le général Okouneff, dans son examenraisonné des trois armes, na pas montremoins de pénétration, ni obtenu moins desuccès. Peut-être na-t-il pas été assez con-cluant et a-t-il laissé planer encore quelqueincertitude sur la solution du problème. Demême que ses devanciers, il na point re-cherché si les colonnes françaises, repous-sées par le feu des Anglais déployés, nétaient

(1) Le major prussien Decker a écrit, en alle­ mand , un ouvrage également bon à consulter, sousle titre de Tactique de* trois armes; mais il pré-

pas des masses par trop profondes, au lieudêtre simplement des colonnes dun seulbataillon, comme celles dont nous venonsde faire mention, ce qui constituera unedifférence capitale.

Je vais résumer les points de vue que laquestion présente.

Il nexiste, au fait, que cinq manières deformer les troupes pour aller à lennemi :

1° En tirailleurs ;

2° En lignes déployées, soit contiguës,soit en échiquier ;

S° En lignes de bataillons ployés sur lecentre de chaque bataillon ;

4° En masses profondes ;

5° En petits carrés.

Les tirailleurs sont un accessoire, car ilsne doivent que couvrir la ligne proprementdite à la faveur du terrain, protéger la mar-che des colonnes, garnir des intervalles, oudéfendre les abords dun poste.

Ces divers modes de formation se rédui-sent ainsi à quatre systèmes : lordre minceou déployé sur trois rangs ; lordre demi-profond, formé dune ligne de bataillons encolonnes dattaque sur le centre, ou decarrés par bataillons ; lordre mixte lesrégiments seraient en partie déployés , etpartie en colonnes ; enfin lordre profond,composé de grosses colonnes de bataillonsdéployés lun derrière lautre.

Lordre déployé sur deux lignes, avecune réserve, était jadis généralement usité;il convient surtout à la défensive. Ces lignesdéployées peuvent être contiguës, forméesen échiquier ou en échelons.

Lordre par lequel chaque bataillon duneligne se trouve formé en colonne dattaquepar divisions sur le centre, et plus concen-tré ; cest en quelque sorte une ligne de pe-tites colonnes (comme la fig. S de la plan-che ci-contre).

sente un système de masses trop entassées. EnErance, M. Jacquinot a donné aussi un bon coursélémentaire.