CHAPITRE VII.—ART. XLV
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II importe assez généralement de défen-dre les villages qui sont sur le front, ou dechercher à les enlever si l’on est assaillant ;mais il ne faut pas non plus y attacher uneimportance déplacée, en oubliant la fameusebataille de Hochstcedt : Marlborough et Eu-gène, voyant le gros de l’infanterie fran-çaise enterré dans les villages, forcèrent lecentre et prirent 24 bataillons sacrifiés pourgarder ces postes.
Par la même raison, il est utile d’occuperles bouquets de bois ou taillis qui peuventdonner un appui à celui des deux partis quien est le maître. Ils abritent les troupes,permettent de cacher les mouvements, pro-tègent ceux de la cavalerie, et empêchentcelle de l’ennemi d’agir à leur proximité.
Le sceptique Clausewitz n’a pas craint desoutenir la maxime contraire, et sous lesingulier prétexte que celui qui occupe unbois agit en aveugle et ne découvre rien dece que fait l’ennemi, il présente leur défensecomme une faute de tactique. Aveuglé pro-bablement lui-même par les résultats de labataille de Hohenlinden , l’auteur trop prônéconfond ici l’occupation d’un bois dans laligne de bataille, avec la faute de jeter unearmée entière dans de vastes forêts sansêtre maître des issues tant sur le front quesur les flancs ; mais il faut n’avoir jamaisvu un combat pour nier l’importance incon-testable de la possession d’un bois situé àproximité d’une ligne que l’on veut défendreou attaquer. Le rôle que joua la parc deHougomont, à la bataille de Waterloo , estun grand exemple de l’influence qu’un postebien choisi et bien défendu peut avoir dansun combat; en avançant son paradoxe,M. Clausewitz avait oublié l’importancequ’eurent les bois dans les batailles deHochkirch et de Kollin. Mais nous noussommes déjà trop étendu sur ce chapitre del’infanterie, il est temps de parler des autresarmes.
AHTICX.E XIV.
De la cavalerie.
La formation de la cavalerie, soumise àpeu près aux mêmes controverses que cellede l’infanterie, a été soumise aussi à lamême certitude, et le Traité par trop vantédu comte de Bismarck ne lui a pas fait fairede grands pas. Comme Ton n’a guère étémieux fixé sur son emploi, je me permettraide soumettre ce que j’en pense à la déci-sion des généraux habitués à la conduire.
L’emploi qu’un général doit faire de lacavalerie dépend naturellement un peu desa force relative avec celle de l’ennemi,soit en nombre, soit en qualité. Néanmoins,quelque modification que ces variationsapportent, une cavalerie inférieure, maisbien conduite, peut toujours trouver l’oc-casion de faire de grandes choses, tantTà-propos est décisif dans l’emploi de cettearme.
La proportion numérique de la cavalerieavec l’infanterie a beaucoup varié; elle dé-pend de la disposition naturelle des na-tions, dont les habitants sont plus ou moinspropres à faire de bons cavaliers : l’abon-dance et la qualité de chevaux exercentaussi certaine influence. Dans les guerresde la révolution , la cavalerie françaisequoique désorganisée, et bien inférieure àcelle des Autrichiens, servit à merveille.J’ai vu, en 1796, à l’armée du Rhin, ce queTon nommait pompeusement la réserve decavalerie, et qui formait a peine une faiblebrigade (1,800 chevaux). Dix ans apres, j aivu ces mêmes réserves fortes de 18 à 20,000chevaux, tant lesidéesetles moyens avaientchangé.
En thèse générale, on peut admettre quel’année en campagne doit avoir un sixièmede sa force en troupes à cheval : dans lespays de montagnes, il suffit d’un dixième.
Le mérite principal de la cavalerie gîtdans sa rapidité et sa mobilité ; on pour-