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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII.ART. XLV.

ralt même ajouter dans son impétuosité,si lon ne devait pas craindre de voir faireune fausse application de cette dernièrequalité.

Quelque importante quelle soit danslensemble dés opérations dune guerre, lacavalerie ne saurait défendre une positionpar elle-même sans secours dinfanterie.Son but principal est de préparer ou da-chever la victoire, de la rendre co/nplète enenlevant des prisonniers et des trophées,de poursuivre lennemi, de porter rapide-ment du secours sur un point menacé, den-foncer linfanterie ébranlée, enfin de couvrirles retraites de linfanterie et de lartillerie.Voilà pourquoi une armée, manquant decavalerie, obtient rarement de grandssuccès, et pourquoi ses retraites sont si dif-ficiles.

Le moment et le mode les plus convena-bles pour faire donner la cavalerie, tiennentau coup dœil du chef, au plan de la ba-taille, à ce que fait lennemi, et à mille com-binaisons trop longues à énumérer ici; nousnen indiquerons donc que les principauxtraits.

Il est reconnu quune attaque générale decavalerie, contre une ligne en bon ordre,ne saurait être tentée avec succès sans êtresoutenue par de linfanterie et beaucoupdartillerie, du moins à certaine distance.Qn a vu à Waterloo tout ce quil en coûta àla cavalerie française pour avoir agi contrecette règle, et la cavalerie de Frédéricéprouva le même sort à Kunersdorf. Onpeut se trouver appelé néanmoins à fairedonner la cavalerie seule; mais, en general,une charge sur une ligne dinfanterie quise trouverait déjà aux prises avec linfante-rie adverse, est celle dont on peut attendrele plus davantages ; les batailles de Ma-rengo, dEylau, de Borodino et dix autres,lont prouvé.

Cependant il est un cas la cavalerie aune supériorité décidée sur linfanterie ;cest quand il tombe un pluie ou neige bat-

tante qui mouille les armes et prive lin-fanterie de son feu ; le corps dAugereauen fit une cruelle épreuve à Eylau, et lagauche des Autrichiens eut le même sort àDresde .

On exécute aussi de grandes charges avecsuccès contre de linfanterie quon auraitdéjà réussi à ébranler par un feu redoutabledartillerie, ou de toute autre manière. Unedes charges de ce genre les plus remarqua-bles fut celle de la cavalerie prussienne àHohenfriedberg , en 1748 (voyez le Traitédes opérations). Mais toute charge contredes carrés debonne infanterie non entamée,ne saurait réussir.

On fait de grandes charges pour enleverles batteries de lennemi et faciliter auxmasses dinfanterie les moyens de couron-ner sa position, alors il faut que linfanteriesoit bien en mesure de soutenir sans délai,car une charge de cette nature na quuneffet instantané, dont il faut vivement pro-fiter avant que lennemi ne ramène votrecavalerie désunie. La belle charge des Fran­ çais sur Gosa à la bataille de Leipsig, le 16octobre, est un grand exemple en ce genre.Celles quils exécutèrent à Waterloo dans lemême but furent admirables, mais sans ré-sultats faute de soutien. De même la chargeaudacieuse de la faible cavalerie de Ney surlartillerie du prince de Hohenlohe à la ba-taille de Jéna, est un exemple de ce quonpeut faire en pareil cas.

Enfin, on fait des charges générales con-tre la cavalerie ennemie, pour la chasserdu champ de bataille et revenir ensuite con-tre ses bataillons avec plus de liberté.

La cavalerie pourrait être lancée avec suc-cès pour prendre la ligne ennemie en flancsou à revers, au moment dune attaque sé-rieuse que linfanterie exécuterait de front.Si elle est repoussée, elle peut revenir augalop se rallier à larmée; si elle réussit, ellepeut causer la ruine de larmée ennemie. 11est rare quon lui donne cette destination,et je ne vois pas néanmoins ce qui pourrait