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CHAPITRE VII.—ART. XLV.
ralt même ajouter dans son impétuosité,si l’on ne devait pas craindre de voir faireune fausse application de cette dernièrequalité.
Quelque importante qu’elle soit dansl’ensemble dés opérations d’une guerre, lacavalerie ne saurait défendre une positionpar elle-même sans secours d’infanterie.Son but principal est de préparer ou d’a-chever la victoire, de la rendre co/nplète enenlevant des prisonniers et des trophées,de poursuivre l’ennemi, de porter rapide-ment du secours sur un point menacé, d’en-foncer l’infanterie ébranlée, enfin de couvrirles retraites de l’infanterie et de l’artillerie.Voilà pourquoi une armée, manquant decavalerie, obtient rarement de grandssuccès, et pourquoi ses retraites sont si dif-ficiles.
Le moment et le mode les plus convena-bles pour faire donner la cavalerie, tiennentau coup d’œil du chef, au plan de la ba-taille, à ce que fait l’ennemi, et à mille com-binaisons trop longues à énumérer ici; nousn’en indiquerons donc que les principauxtraits.
Il est reconnu qu’une attaque générale decavalerie, contre une ligne en bon ordre,ne saurait être tentée avec succès sans êtresoutenue par de l’infanterie et beaucoupd’artillerie, du moins à certaine distance.Qn a vu à Waterloo tout ce qu’il en coûta àla cavalerie française pour avoir agi contrecette règle, et la cavalerie de Frédéricéprouva le même sort à Kunersdorf. Onpeut se trouver appelé néanmoins à fairedonner la cavalerie seule; mais, en general,une charge sur une ligne d’infanterie quise trouverait déjà aux prises avec l’infante-rie adverse, est celle dont on peut attendrele plus d’avantages ; les batailles de Ma-rengo, d’Eylau, de Borodino et dix autres,l’ont prouvé.
Cependant il est un cas où la cavalerie aune supériorité décidée sur l’infanterie ;c’est quand il tombe un pluie ou neige bat-
tante qui mouille les armes et prive l’in-fanterie de son feu ; le corps d’Augereauen fit une cruelle épreuve à Eylau, et lagauche des Autrichiens eut le même sort àDresde .
On exécute aussi de grandes charges avecsuccès contre de l’infanterie qu’on auraitdéjà réussi à ébranler par un feu redoutabled’artillerie, ou de toute autre manière. Unedes charges de ce genre les plus remarqua-bles fut celle de la cavalerie prussienne àHohenfriedberg , en 1748 (voyez le Traitédes opérations). Mais toute charge contredes carrés debonne infanterie non entamée,ne saurait réussir.
On fait de grandes charges pour enleverles batteries de l’ennemi et faciliter auxmasses d’infanterie les moyens de couron-ner sa position, alors il faut que l’infanteriesoit bien en mesure de soutenir sans délai,car une charge de cette nature n’a qu’uneffet instantané, dont il faut vivement pro-fiter avant que l’ennemi ne ramène votrecavalerie désunie. La belle charge des Fran çais sur Gosa à la bataille de Leipsig, le 16octobre, est un grand exemple en ce genre.Celles qu’ils exécutèrent à Waterloo dans lemême but furent admirables, mais sans ré-sultats faute de soutien. De même la chargeaudacieuse de la faible cavalerie de Ney surl’artillerie du prince de Hohenlohe à la ba-taille de Jéna, est un exemple de ce qu’onpeut faire en pareil cas.
Enfin, on fait des charges générales con-tre la cavalerie ennemie, pour la chasserdu champ de bataille et revenir ensuite con-tre ses bataillons avec plus de liberté.
La cavalerie pourrait être lancée avec suc-cès pour prendre la ligne ennemie en flancsou à revers, au moment d’une attaque sé-rieuse que l’infanterie exécuterait de front.Si elle est repoussée, elle peut revenir augalop se rallier à l’armée; si elle réussit, ellepeut causer la ruine de l’armée ennemie. 11est rare qu’on lui donne cette destination,et je ne vois pas néanmoins ce qui pourrait