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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII.ART. XLV.

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y mettre obstacle, car une cavalerie bienconduite ne saurait être coupée, lors mêmequelle se trouverait derrière lennemi. Dureste, cest le rôle qui appartient surtout ala cavalerie irrégulière.

Dans la défensive, la cavalerie peut ega-lement obtenir dimmenses résultats , endonnant à propos contre une troupe enne-mie qui, ayant aborde la ligne, serait preteà y pénétrer, ou qui laurait déjà percée :elle peut, dans ce cas, rétablir les affaires,et causer la destruction dun adversaireébranlé et désuni par ses premiers succèsmêmes ; une belle charge des Russes leprouva à Eylau et la cavalerie anglaise àWaterloo . Enfin, la cavalerie particulièredes corps darmée fait des charges dà-pro-pos, soit pour favoriser une attaque, soitpour profiter dun faux moment de len-nemi , soit pour achever sa défaite dans unmouvement rétrograde.

Il nest pas aussi facile de déterminer lemeilleur mode dattaque, il dépend du butquon se propose et des autres circonstan-ces qui influent aussi sur le moment à choi-sir. Il ny a que quatre manières décharger,savoir : en colonnes à distance, lignes autrot (1) en lignes au galop, enfin, à la dé-bandade : toutes peuvent être employéesavec succès. Dans la charge en muraille ouen ligne, la lance offre des avantages incon-testables; dans les mêlées, le sabre vaut peut-être mieux : de est venue lidée de donnerla lance au premier rang qui doit enfoncer,et le sabre au second qui doit achever par desluttes partielles. Le tiraillement avec le pis-tolet ne convient guère quaux avant-postes,dans une charge en fourrageurs, ou lorsquede la cavalerie légère veut harceler de lin-fanterie et la dégarnir de son feu, afin de

(1) Lorsque je parle ici de charges en lignes,il ny a aucune contradiction avec ce que jai avancéailleurs; on comprend quil ne sagit pas ici degrandes lignes déployées, mais de brigades ou dedivisions tout au plus. Un corps de plusieurs divi-

favoriser une charge plus sérieuse. Pour lefeu de carabine, on ne sait vraiment à quoiil peut être bon, puisquil exige darrêtertoute la troupe, pour tirer de pied fermece qui lexposera à une défaite certaine, sielle est abordée franchement. 11 ny a quedes tirailleurs qui puissent faire un feu demousquet en courant.

Nous venons de dire que toutes les ma-nières de charger pouvaient être égalementbonnes. Cependant il faut bien se garder decroire que limpétuosité soit toujours déci-sive dans un choc de cavalerie contre cava-lerie : le grand trot, au contraire, me pa-raît la meilleure allure pour les charges enligne, parce quici tout dépend de lensem-ble, de là-plomb et de lordre, conditionsque lon ne retrouve pas dans les chargesau grand galop. Celles-ci conviennent sur-tout contre lartillerie, parce quil importeplus darriver vite que darriver en ordre.De même, avec une cavalerie armée de sa-bres, on peut se lancer au galop à 200 pascontre une ligne ennemie qui vous atten-drait de pied ferme. Mais si lon a une ca-valerie armée de lances , le grand trot estla véritable allure, car lavantage de cettearme dépend surtout de la conservation delordre : dès quil y a mêlée, la lance perdtoute sa valeur.

Lorsque lennemi vient à vous au grandtrot, il ne semble pas prudent de courir surlui au galop, car vous arriverez désuni con-tre une masse compacte et serrée, qui traver-sera vos escadrons décousus. Il ny auraitque leffet moral produit par laudace appa-rente de votre charge qui pourrait vousêtre favorable; mais si lennemi lapprécie àsa juste valeur, vous serez perdu, car danslordre physique et naturel, le succès doit

sions se formera sur le terrain en plusieurs colonneséchelonnées, dont la tête sera pour chacune dedeux ou trois régiments, qui seront déployés pourla charge.