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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII. ART. XLV.

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» duisent à leur gré, rempliraient à peu près» la même destination, mais il faut les re-» garder comme des enfants perdus , car,» sils devaient recevoir des ordres du quar-» tier général, ils ne seraient plus des par-» tisans. Ils nauraient peut-être pas toutes» les qualités de bons cosaques , mais ils» pourraient en approcher. »

LAutriche a aussi, dans les Hongrois ,les Transylvaniens et les Croates , des res-sources que dantres Etats nont pas : toute-fois, les services rendus par les landwehr àcheval prouvent que Ton peut tirer aussi unbon parti de cette espèce de cavalerie, nefut-ce que pour relever la cavalerie régu-lière dans les services accessoires qui abon-dent dans toutes les armées , comme escor-tes , ordonnances, détachements pour con-duire les convois, flanqueurs, etc. Des corpsmêlés de cavalerie régulière et irrégulièrepeuvent rendre souvent plus de servicesréels que sils étaient uniquement composésde cavalerie de ligne, parce que la craintede compromettre et de ruiner cette dernière,empêche souventde la lancer dans des mou-vements audacieux, mais qui pourraientproduire dimmenses résultats.

Je ne saurais terminer cet article sansrelever les attaques par trop passionnéesdont il a été lobjet de la part de M. le géné-ral Bismark, et que jai connues malheureu-sement trop tard pour y répondre comme jele devais. Le passage qui semble avoir sur-tout excité son courroux, est celui jaiavancé, après bien dautres, que la cavaleriene saurait défendre une position par elle-même. M. le général, qui prétend sans douteque la cavalerie peut faire la guerre à elleseule, et quelle garderait une position toutcomme linfanterie, pense justifier de pa-reils sophismes en allant chercher desexemples jusque dans la guerre dAnnibalsur le Tésin ; comme si la mousqueterie, lesobus, et la mitraille navaient apporté au-cun changement dans lemploi de cettearme!!! Fier de son érudition équestre, il

traite dignorant tout ce qui ne pense pascomme lui. Sans être un Seydlitz ou un La-guérinière, on peut très-bien raisonner surlemploi de la cavalerie à la guerre ; et quoi-que je naie aucune prétention à être un ca-valier, je puis dire que les plus expérimentésdes généraux de nos jours ont partagé mesidées sur la cavalerie, et que dans maintesbatailles jai souvent mieux jugé de loppor-tunité de son emploi que ceux- qui encommandaient de grosses masses. *

La seule de mes maximes qui a excitéquelques controverses , est celle relative àlallure du trot pour les charges contre ca-valerie. Quoi quon en ait dit, je crois en-core à lheure jécris, que le succès dé-pend beaucoup du maintien de lordrejusquau moment du choc, et que, pour leslanciers surtout, le choc dune masse bienen ordre et au trot triompherait dune troupeéparpillée par le galop en pleine carrière.

Au demeurant, maintenir Tordre autantque possible dans le choc ; sappliquer à lefaire seconder au moment opportun parune attaque de flanc; savoir donner limpul-sion morale à sa troupe, et avoir un éche-lon prêt pour soutenir à propos, voilà lesseuls éléments de succès que jaie jamaisreconnus pour praticables dans des chargesde cavalerie contre cavalerie ; car toutes lesbelles maximes du monde viennent expirerdans une lutte rapide comme léclair,les plus habiles professeurs nauraient quele temps de parer les coups de sabre, sansmême se trouver en état de donner un ordrequi pùt être entendu et exécuté.

Quant au bon emploi de la cavalerie danslensemble dune bataille comme dans celnide toute une guerre, je crois que pas ungénéral expérimenté ne répudierait les idéesque jai émises à ce sujet.

Je nai jamais nié que la cavalerie neconcourût à la défense dune position; maisquelle la défendît par elle-même, je le nie-rai toujours. Placée sur une position, der-rière 100 pièces de canon, elle pourra sy