CHAPITRE VII. — ART. XLV.
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» duisent à leur gré, rempliraient à peu près» la même destination, mais il faut les re-» garder comme des enfants perdus , car,» s’ils devaient recevoir des ordres du quar-» tier général, ils ne seraient plus des par-» tisans. Ils n’auraient peut-être pas toutes» les qualités de bons cosaques , mais ils» pourraient en approcher. »
L’Autriche a aussi, dans les Hongrois ,les Transylvaniens et les Croates , des res-sources que d’antres Etats n’ont pas : toute-fois, les services rendus par les landwehr àcheval prouvent que Ton peut tirer aussi unbon parti de cette espèce de cavalerie, nefut-ce que pour relever la cavalerie régu-lière dans les services accessoires qui abon-dent dans toutes les armées , comme escor-tes , ordonnances, détachements pour con-duire les convois, flanqueurs, etc. Des corpsmêlés de cavalerie régulière et irrégulièrepeuvent rendre souvent plus de servicesréels que s’ils étaient uniquement composésde cavalerie de ligne, parce que la craintede compromettre et de ruiner cette dernière,empêche souventde la lancer dans des mou-vements audacieux, mais qui pourraientproduire d’immenses résultats.
Je ne saurais terminer cet article sansrelever les attaques par trop passionnéesdont il a été l’objet de la part de M. le géné-ral Bismark, et que j’ai connues malheureu-sement trop tard pour y répondre comme jele devais. Le passage qui semble avoir sur-tout excité son courroux, est celui où j’aiavancé, après bien d’autres, que la cavaleriene saurait défendre une position par elle-même. M. le général, qui prétend sans douteque la cavalerie peut faire la guerre à elleseule, et qu’elle garderait une position toutcomme l’infanterie, pense justifier de pa-reils sophismes en allant chercher desexemples jusque dans la guerre d’Annibalsur le Tésin ; comme si la mousqueterie, lesobus, et la mitraille n’avaient apporté au-cun changement dans l’emploi de cettearme!!! Fier de son érudition équestre, il
traite d’ignorant tout ce qui ne pense pascomme lui. Sans être un Seydlitz ou un La-guérinière, on peut très-bien raisonner surl’emploi de la cavalerie à la guerre ; et quoi-que je n’aie aucune prétention à être un ca-valier, je puis dire que les plus expérimentésdes généraux de nos jours ont partagé mesidées sur la cavalerie, et que dans maintesbatailles j’ai souvent mieux jugé de l’oppor-tunité de son emploi que ceux-là qui encommandaient de grosses masses. *
La seule de mes maximes qui a excitéquelques controverses , est celle relative àl’allure du trot pour les charges contre ca-valerie. Quoi qu’on en ait dit, je crois en-core à l’heure où j’écris, que le succès dé-pend beaucoup du maintien de l’ordrejusqu’au moment du choc, et que, pour leslanciers surtout, le choc d’une masse bienen ordre et au trot triompherait d’une troupeéparpillée par le galop en pleine carrière.
Au demeurant, maintenir Tordre autantque possible dans le choc ; s’appliquer à lefaire seconder au moment opportun parune attaque de flanc; savoir donner l’impul-sion morale à sa troupe, et avoir un éche-lon prêt pour soutenir à propos, voilà lesseuls éléments de succès que j’aie jamaisreconnus pour praticables dans des chargesde cavalerie contre cavalerie ; car toutes lesbelles maximes du monde viennent expirerdans une lutte rapide comme l’éclair, oùles plus habiles professeurs n’auraient quele temps de parer les coups de sabre, sansmême se trouver en état de donner un ordrequi pùt être entendu et exécuté.
Quant au bon emploi de la cavalerie dansl’ensemble d’une bataille comme dans celnide toute une guerre, je crois que pas ungénéral expérimenté ne répudierait les idéesque j’ai émises à ce sujet.
Je n’ai jamais nié que la cavalerie neconcourût à la défense d’une position; maisqu’elle la défendît par elle-même, je le nie-rai toujours. Placée sur une position, der-rière 100 pièces de canon, elle pourra s’y