CHAPITRE VII. — ART. XLVI.
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maintenir, si on se contente de la canonner,comme la cavalerie française se maintint sibravement à Eylau : mais que l’infanterieet l’artillerie marchent sur elle après avoirparalysé son canon, et vous verre* si la po-sition sera défendue.
Du reste, la véritable cause de la grandecolère de M. le général B**** est facile à de-viner. J’ai eu l’imprudence de dire que sonTraité sur la cavalerie, fort érudit d’ailleurs,n’avait pas fait faire grand progrès à cettearme. Ce jugement lui a sans doute parusévère, et malgré les torts de l’auteur à monégard, je conviens qu’il était prononcé d’unemanière trop absolue. Cependant, après lesrenseignements que nous avons pu recevoirdé la cavalerie de Seydlitz et de Napoléon , jene sais pas si celle que M. B**** organiseraitet conduirait selon ses propres doctrines,ferait mieux, c’est là que gît la question.Pour avoir osé la résoudre négativement, jene suis qu’un ignorant, c’est là de la bonnecritique ! Si les opinions sont libres , nepeut-on pas les discuter sans injures? Pourmoi, je reconnais à M. B**** beaucoup d’es-prit et d’érudition ; peut-être même en a-t-iltrop pour le sujet qu’il traite : quand l’es-prit pétille et que les passions parlent, laraison et le jugement sommeillent. Du reste,j’ai déjà fait observer, dans la notice quiprécède cet ouvrage, que ce n’était pas dansdes livres sérieux qu’un militaire pouvaitrépondre à des personnalités, surtout aprèsles avoir ignorées pendant dix ans.
article XI.VI.
De l'emploi de Vartillerie.
L’artillerie est, à la fois, une arme offen-sive et défensive également redoutable.
Comme moyen offensif, une grande bat-terie bien employée écrase une ligne enne-mie, l’ébranle, et facilite, aux troupes qui
l’attaquent, les moyens de l’enfoncer,Comme arme défensive, il faut reconnaîtrequ’elle double la force d’une position, non-seulement par le mal qu’elle fait de loin àl’ennemi, et par l’effet moral qu’elle pro-duit à une longue distance sur les troupesqui marchent à l’attaque, mais encore parla défense locale qu’elle fera sur la posi-tion même, et à portée de mitraille. Ellen’est pas moins importante pour l’attaque etla défense des places ou des camps retran-chés , car elle est l’âme de la fortificationmoderne.
Nous avons dit quelques mots sur sa ré-partition dans la ligne de bataille, mais noussommes plus embarrassé de dire la manièredont on doit la faire agir dans le combat.Ici les chances se multiplient tellement, àraison des circonstances particulières del’affaire, du terrain et des mouvements del’ennemi, qu’on ne peut pas dire que l’ar-tillerie ait une action indépendante de celledes autres armes. Cependant on a vu , àWagram, Napoléon jeter une batterie de100 pièces dans la trouée occasionnée à saligne par le départ du corps de Masséna, etcontenir ainsi tout l’effort du centre desAutrichiens ; mais il serait bien difficiled’ériger en maxime un pareil emploi del’artillerie.
Nous nous bornerons donc à présenterquelques données fondamentales, en obser-vant qu’elles sont basées sur l’état de cettearme, tel qu’il existait dans les dernièresguerres ; l’emploi des nouvelles découver-tes n’étant pas encore bien déterminé nesaurait trouver place ici ;
1° Dans l’offensive, on doit réunir unecertaine niasse d’artillerie sur le point oùl’on se prépare à porter les grands coups ;on l’emploiera d’abord à ébranler par sonfeu la ligne de l’ennemi, afin de seconderl’attaque de l’infanterie et de la cavalerie;
2° Il faut, en outre, quelques batteriesd’artillerie à cheval, pour suivre le mouve-ment offensif des colonnes, indépendant.