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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII. ART. XLVI.

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maintenir, si on se contente de la canonner,comme la cavalerie française se maintint sibravement à Eylau : mais que linfanterieet lartillerie marchent sur elle après avoirparalysé son canon, et vous verre* si la po-sition sera défendue.

Du reste, la véritable cause de la grandecolère de M. le général B**** est facile à de-viner. Jai eu limprudence de dire que sonTraité sur la cavalerie, fort érudit dailleurs,navait pas fait faire grand progrès à cettearme. Ce jugement lui a sans doute parusévère, et malgré les torts de lauteur à monégard, je conviens quil était prononcé dunemanière trop absolue. Cependant, après lesrenseignements que nous avons pu recevoir la cavalerie de Seydlitz et de Napoléon , jene sais pas si celle que M. B**** organiseraitet conduirait selon ses propres doctrines,ferait mieux, cest que gît la question.Pour avoir osé la résoudre négativement, jene suis quun ignorant, cest de la bonnecritique ! Si les opinions sont libres , nepeut-on pas les discuter sans injures? Pourmoi, je reconnais à M. B**** beaucoup des-prit et dérudition ; peut-être même en a-t-iltrop pour le sujet quil traite : quand les-prit pétille et que les passions parlent, laraison et le jugement sommeillent. Du reste,jai déjà fait observer, dans la notice quiprécède cet ouvrage, que ce nétait pas dansdes livres sérieux quun militaire pouvaitrépondre à des personnalités, surtout aprèsles avoir ignorées pendant dix ans.

article XI.VI.

De l'emploi de Vartillerie.

Lartillerie est, à la fois, une arme offen-sive et défensive également redoutable.

Comme moyen offensif, une grande bat-terie bien employée écrase une ligne enne-mie, lébranle, et facilite, aux troupes qui

lattaquent, les moyens de lenfoncer,Comme arme défensive, il faut reconnaîtrequelle double la force dune position, non-seulement par le mal quelle fait de loin àlennemi, et par leffet moral quelle pro-duit à une longue distance sur les troupesqui marchent à lattaque, mais encore parla défense locale quelle fera sur la posi-tion même, et à portée de mitraille. Ellenest pas moins importante pour lattaque etla défense des places ou des camps retran-chés , car elle est lâme de la fortificationmoderne.

Nous avons dit quelques mots sur sa ré-partition dans la ligne de bataille, mais noussommes plus embarrassé de dire la manièredont on doit la faire agir dans le combat.Ici les chances se multiplient tellement, àraison des circonstances particulières delaffaire, du terrain et des mouvements delennemi, quon ne peut pas dire que lar-tillerie ait une action indépendante de celledes autres armes. Cependant on a vu , àWagram, Napoléon jeter une batterie de100 pièces dans la trouée occasionnée à saligne par le départ du corps de Masséna, etcontenir ainsi tout leffort du centre desAutrichiens ; mais il serait bien difficiledériger en maxime un pareil emploi delartillerie.

Nous nous bornerons donc à présenterquelques données fondamentales, en obser-vant quelles sont basées sur létat de cettearme, tel quil existait dans les dernièresguerres ; lemploi des nouvelles découver-tes nétant pas encore bien déterminé nesaurait trouver place ici ;

1° Dans loffensive, on doit réunir unecertaine niasse dartillerie sur le pointlon se prépare à porter les grands coups ;on lemploiera dabord à ébranler par sonfeu la ligne de lennemi, afin de seconderlattaque de linfanterie et de la cavalerie;

2° Il faut, en outre, quelques batteriesdartillerie à cheval, pour suivre le mouve-ment offensif des colonnes, indépendant.