CHAPITRE VII. — ART. XLVI.
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ment des batteries légères à pied qui ont lamême destination. Il ne faut pourtant paslancer trop d’artillerie à pied dans un mou-vement offensif; on peut la placer de ma-nière «à ce qu’elle atteigne le but sans suivreimmédiatement les colonnes. Toutefois,lorsque le train est organisé de maniéré ay placer les artilleurs , on peut la risquerplus facilement ;
3° Nous avons déjà dit que la moitié aumoins de l’artillerie à cheval doit être réu-nie en réserve, pour se porter rapidementpartout où le besoin l’exige (1). A cet effet,il faut la placer sur le terrain le plus ou-vert, où elle puisse se mouvoir en tous sens.Nous avons dit aussi la meilleure place à as-signer à l’artillerie de position;
4° Les batteries , quoique répandues, engénéral, sur toute une ligne défensive, doi-vent savoir diriger leur attention sur le pointoù l’ennemi trouverait plus d’avantages oude facilités à pénétrer ; il faut donc que legénéral commandant l’artillerie connaissele point stratégique et tactique d’un champde bataille, aussi bien que le terrain en lui-même, et que toute la répartition des réser-ves d’artillerie soit calculée sur cette doubledonnée ;
3° Chacun sait que l’artillerie, placée enplaine, ou au milieu de pentes doucementinclinées en glacis, est celle dont l'effet, àplein fouet ou à ricochets, sera le plusmeurtier : personne n’ignore non plus quele feu concentrique est celui qui convient lemieux ;
6° L’artillerie de toute espèce employéedans les batailles ne doit jamais oublier quesa principale destination est de foudroyerles troupes ennemies, et non de répondre àleurs batteries. Cependant, comme il est
(1) Depuis que ce chapitre a été publié pour lapremière fois, plusieurs puissances ont adopté lesystème de placer les artilleurs sur le train, au lieude les mettre à cheval; cela épargne beaucoup dechevaux et l’embarras de les tenir pendant le til-de batteries. Mais cela n’égalera jamais, pour la
bon de ne pas laisser le champ libre à l’ac-tion du canon ennemi, il est utile de le com-battre pour attirer son feu ; on peut destinerà cela un tiers des pièces disponibles, maisles deux tiers an moins doivent être dirigéssur la cavelerie et l’infanterie ;
7° Si l’ennemi s’avance en lignes dé-ployées, les batteries doivent chercher àcroiser leur feu pour prendre ces lignes enécharpe; celles qui pourraient se placer surles flancs, et battre les lignes dans leur pro-longement, feraient un effet décisif ;
8° Lorsque l’ennemi s’avance en colon-nes, on peut les battre de front, c’est-à-dire,dans leur profondeur. Toutefois, il n’estpas moins avantageux de les battre d’é-charpe, et surtout de flanc ou de.revers.L’effet moral produit sur les troupes parl’artillerie qui prend de revers, est incalcu-lable : il est rare que les plus vaillants sol-dats n’en soient pas étonnés ou ébranlés : lebeau mouvement de Ney sur Preititz (ba-taille de Bautzen ) fut neutralisé par quel-ques pièces de Kleitz, qui prirent ses colon-nes en flanc , les arrêtèrent, et décidèrentle maréchal à changer sa bonne direction.Quelques pièces d’artillerie légère, lancéesà tout risque sur les flancs pour obtenir unpareil résultat, ne seraient jamais aventu-rées sans utilité ;
9° Il est reconnu que les batteries doi-vent être constamment soutenues par del’infanterie ou de la cavalerie, et qu’il estavantageux de bien appuyer leurs flancs.Cependant, il se présente bien des cas oùil faut dévier de cette maxime, et l’exemplede Wagram dont nous avons parlé en est undes plus remarquables ;
10° 11 est très-important que, dans lesattaques de cavalerie, l’artillerie ne se laisse
mobilité, la superbe artillerie à cheval des Russes ,qui surpasse toute idée qu’on chercherait à s’enfaire. Beaucoup d’autres inventions de bouches àfeu ont eu lieu, mais elles ne sont pas encore assezconnues pour trouver place ici, ce sera à l’expé-rience à démontrer la manière de les employer.