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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII. ART. XLVI.

pas effrayer, et quelle tire dabord à bou-lets, puis à mitraille , aussi longtemps quecela se pourra (1). Dans ce cas, linfanteriechargée de protéger des batteries doit êtreformée en carrés à proximité, afin de don-ner refuge aux chevaux, et ensuite aux ca-nonniers ; les carrés longs, proportionnés àlétendue du front de la batterie, semblentles plus propres à remplir cette destinationquand linfanterie est derrière les pièces ;si elle se trouve à côté, les carrés parfaitsseront préférables. On assure aussi que lesbatteries de fusées peuvent être employéescontre la cavalerie dont elles effraient leschevaux; mais, je le répète, cest encoreune expérience à faire, et on ne sauraitbaser aucune maxime sur des données aussiincertaines.

11° Dans les attaques dinfanterie contrede lartillerie, la maxime de tirer le pluslongtemps possible sans néanmoins com-mencer de trop loin, est encore plus rigou-reuse que dans le cas susmentionné ; lescanonniers auront toujours le moyen de semettre à labri de linfanterie sils sont con-venablement soutenus. Cest ici un des casde faire donner à la fois les trois armes, carsi linfanterie ennemie est ébranlée parlartillerie, une attaque combinée dinfante-rie et de cavalerie causera sa destruction.

12° Les proportions de lartillerie ontconsidérablement varié dans les dernièresguerres. Napoléon sen fut conquérir lIta­ lie , en 1800, avec quarante ou cinquante piè-ces, et il réussit complètement; tandis quen1812, il envahit la Russie avec 100 pièces at-telées et ne réussit point. Cela prouve assezquaucune règle absolue ne saurait fixerces proportions. On admet généralementque trois pièces par 1,000 combattants sontsuffisantes, et même en Turquie , commedans les montagnes, cest beaucoup trop.

Les proportions de la grosse artillerie,

dite de réserve, avec celles de lartillerieplus légère, varient également. Cest ungrand abus que davoir trop de grosse artil-lerie, car dans les batailles le canon de 6 oude 8 fait à peu près le même effet que celuide 12, et il y a pourtant une grande diffé-rence d ans la mobilité et les embarras acces-soires de ces calibres. Au reste, une despreuves les plus notables que lon puisseciter, pour faire juger linfluence des pro-portions de larmement sur les succès desarmées, fut donnée par Napoléon après labataille dEylau : les pertes cruelles que sestroupes essuyèrent par le feu de la nom-breuse artillerie des Russes , lui firent sen-tir la nécessité daugmenter la sienne. Avecune activité difficile à concevoir, il fit tra-vailler dans tous les arsenaux de la Prusse,de la ligne du Rhin et même de Metz , à ren-forcer le nombre de ses pièces et à en cou-ler de nouvelles pour utiliser les munitionsquil avait conquises dans la campagne. Entrois mois, il doubla, à quatre cents lieuesde ses frontières, le personnel et le maté-riel de son artillerie, chose presque inouïedans les annales de la guerre ;

18° Un des moyens les plus convenablespour obtenir le meilleur emploi possible delartillerie serait de donner toujours le com-mandement supérieur de cette arme à ungénéral dartillerie à la fois bon tacticien etstratégiste ; ce chef aurait la faculté de dis-poser non-seulement de la réserve de lar-tillerie, mais encore de la moitié des piècesattachées aux différents corps ou divisions.

Il pourrait ainsi se concerter avec le gé-néralissime sur le moment et le lieu desmasses considérables dartillerie pourraientle mieux contribuer à la victoire ; mais ilne ferait jamais une telle réunion desmasses sans avoir pris , au préalable, lesordres du commandant en chef.

(t) Les obus de nouvelle invention, donnant lesmoyens de porter ces projectiles à mille toises avec

une parabole insensible, seront «ne arme terriblecontre la cavalerie.