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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII. - ART. XLVT.

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Au moment jallais faire imprimer cetarticle pour la seconde fois, je reçois unebrochure du général Okouneff' sur .limpor-tance de lartillerie. Quelque intéressantequelle soit, elle ne saurait me décider àchanger ce que jai dit sur cette arme.

Lauteur avoue, avec une louable fran-chise, quil navait point assez appréciépette importance dans son ouvrage sur lem-ploi des trois armes ; et, comme pour faireréparation à lartillerie, il soutient aujour-dhui quelle doit désormais décider desbatailles, et devenir, par cela même, larmeprincipale des armees européennes.

Comme jai reconnu, en tout temps, lapart quune artillerie bien employée peutdans les victoires, je suis très-diposé à ad-mettre avec lauteur, que son influence se-rait plus grande, si lon savait toujours entirer le parti dont elle est susceptible. Jereconnais aussi, que plusieurs inventionstoutes récentes, qui augmenteront son effet,soit pour le tir à ricochets rasants, soit pourla mitraille à grande portée, sont de natureà appeler lattention des généraux qui se-ront désormais dans le cas den faire usage,et qui ont en main le moyen den essayer leseffets comme aussi de trouver les moyensde sen garantir.

La brochure du général Okouneff auraitdonc déjà atteint un but important, en ou-vrant cette vaste carrière; mais, après luiavoir rendu justice, il me sera permis dedire que lauteur a un peu dépassé le but,car sil fallait sen rapporter à tout ce quilavance, il ne faudrait plus dans une arméeque des cuirassiers, des artilleurs, et lin-fanterie nécessaire pour garder les postesfermés, carie reste ne serait plus que pâ-ture pour les projectiles. Partant de sonidée dominante, M. Okouneff en conclut,par une conséquence toute naturelle, que moyen de gagner des batailles se réduiraà enfoncer le centre dune armée à force decoups de canon, et à avoir des masses pré-parées à fondre sur cette trouée ; moyen

quil trouve bien préférable à ceux quilnomme mouvements de conversions, et qui,jusquà ce jour, de son aveu même, ga-gnaient cependant fort bien les batailles.

Ici, je lavoue, je suis obligé de contesterce quil y a de trop absolu dans ces asser-tions. En premier lieu, je ne comprends pasparfaitement ces mouvements de conver-sions ; ce sont, sans doute, des attaquespour déborder une aile, en même tempsquon assaillirait une partie du front. Si jene me trompe, ces sortes de manœuvres nesont pas toujours des mouvements de con-version : au surplus, cest une querelle dedéfinitions qui importe peu au fond ; ce queje ne trouve pas fondé, cest lidée quunemanœuvre exclusive puisse être adoptéecomme une panacée universelle, et quilfaille renoncer à toute autre tactique quàcelle des immenses batteries et de grossesmasses perçant des centres. Pour ma part,si javais à combattre un ennemi professantde pareilles idées exclusives, je ne seraisnullement embarrassé de lui opposer plusdun moyen qui déjouerait ses attaques fa-vorites : dabord, jemploierais celui queM. Okouneff cite lui-même, à la page 35 ,comme ayant été adopté avec succès par leprince de Lichtenstein à la bataille de Wa-gram, contre la fameuse colonne de Macdo-nald : le système employé à Cannes parAnnibal pourrait également trouver sonapplication ici, dautant mieux quune tellemasse battue par les feux concentriquesdune artillerie égale en nombre, et dispo-sée en ligne concave comme celle de lar-chiduc Charles à Essling, serait fort com-promise. Enfin, pour éviter de scinderlarmée en deux parties, qui sait si un de cesmouvements de conversion que lauteurveut répudier ne serait pas un excellentmoyen à opposer à son système, puisquiltransporterait leffort décisif du combat surun tout autre point que le centre ?

Loin de moi, néanmoins , la pensée decontester tout mérite à une forte attaque sur

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