INTRODUCTION. 5!
Cependant Napoléon ayant terminé heureu-sement, et avec une étonnante rapidité, cetteguerre d’Autriche qui s’était présentée d’abordsous un aspect si redoutable, se hâta de fairepasser de nombreux renforts en Espagne ; destroupes de sa garde en faisaient partie , ce quifît penser qu’il allait s’y rendre en personne.Les forces françaises qu’il avait laissées enEspagne lorsqu’il quitta ce royaume, avaientconservé Madrid et toutes les provinces del’intérieur ; elles avaient, à la vérité, été obli-gées d’abandonner la Galice et les Asturies ,mais elles avaient soumis l’Aragon, et au midileurs avant-postes bordaient la Sierra-Morena .
L’entreprise de Napoléon était d’ailleurs fa-vorisée par la mésintelligence qui avait éclatéentre ses ennemis, relativement au comman-dement des troupes; les Anglais , s’ils osaientbraver l’orage qui les menaçait, se bornaientà la défense du Portugal; et les Espagnols ,vaincus dans tant de combats, n’avaient pasune seule armée à lui opposer. Il était tellementconvaincu que la campagne qui allait s’ouvrirserait promptement terminée, et le conduiraità l’accomplissement de ses desseins sur la pénin-sule, que, dans son discours au corps législatif, ilannonça d’un ton prophétique les résultats qu’il