NOTES DE L’INTRODUCTION. 45
l’exécution de ses desseins. Si, après la bataille deNarwa , il avait continué à poursuivre le tzar, qui étaitson plus redoutable ennemi, il l’aurait indubitable-ment détrôné ; mais il s’acharna contre Auguste, etne revint en personne combattre le tzar qu’au bout decinq ans. Il commit une nouvelle faute en répondantà ce souverain, qui lui demandait la paix, qu’il entraiterait à Moskoti ; s’il eût alors conclu la paix, il se-rait resté le plus puissant monarque du Nord : cesfautes tiennent à la politique ; je ne pense pas qu’onpuisse lui en reprocher d’aussi graves comme général.
On ne lui a point contesté de grands talens pourl’administration de son armée; on convient qu’il pos-sédait au plus haut degré les qualités qui peuvent ins-pirer la confiance aux troupes et gagner les cœurs dessoldats; mais on l’a considéré comme une espèce defou ( a ), et l’on a cité comme preuve sans réplique son
( a ) Jean-Baptisle Rousseau s’exprime ainsi sur Charles XII :
« Du midi jusqu’à l'ourse ou vantait ce monarque,
•• Qui remplit tout le nord de tumulte et de saog ;
» 11 fuit : sa gloire tombe, et le Deslia lui marque* Son véritable rang.
» Ce n'est plus ce héros guidé par la Victoire,
» Par qui tous les guerriers allaient être effacés :
• C'est un nouveau Pyrrhus qui ta grossir l'histoirew Des fameux insensés.
Jean-Baptiste n’était que l’écho des historiens.
Napoléon ne jugeait point Charles XII plus favorablement.Un jour, avant son arrivée à Moskou , il vit le comte deNarbonne qui lisait, et lui adressant la parole : « Quel ou-vrage lisez-vous, lui dit-il? — Sire, répondit Narbonne ,c’est VHistoire de Chartes XII. — C’était un grand fou, ré-
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