NOTES DE L’INTRODUCTION.
mains. Actuellement , au contraire , l’infanterie estbeaucoup plus nombreuse que la cavalerie ; elle necombat, pour ainsi dire, jamais à l’arme blanche,mais par son feu; elle est devenue la partie la plus im-portante des armées.. L’artillerie est aussi beaucoupplus nombreuse quelle ne l’était alors. On ne peut en-treprendre aucune opération si l’on n’est abondam-ment pourvu de munitions; et, par les mêmes motifs,on ne doit s’exposer à perdre ses communications quependant très-peu de teins.
On voit que Charles pouvait se promettre la victoiretant que ses soldats conservaient leur courage et leursarmes, et ses troupes avaient sur celles du monarquerusse une telle supériorité en confiance, en tactiqueet en courage, qu’il était certain de vaincre s’il en ve-nait aux mains; aussi est-il incontestable qu’il ne futvaincu à Pultawa que parce qu’il avait été blessé laveille de la bataille. On conçoit le funeste effet queproduisit un tel accident dans une armée où il diri-geait tout par lui-même, et dont il était lame. Ce futsans doute un spectacle admirable que celui de ceroi intrépide marchant à l’ennemi porté sur un bran-card; mais la confiance des troupes, qui étaient ha-bituées à le voir, à leur tête, les animer du geste et dela voix, en fut fortement ébranlée; les débuts de labataille furent pourtant heureux, et Charles auraitprobablement été vainqueur sans la faute que commitlun de ses généraux en s’acharnant inconsidérémentà la prise des redoutes russes .