LIVRE I.
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de dévaster, en se retirant, les pays par lesquelsse dirigeait Napoléon ; de gêner ses commu-nications en répandant sur ses derrières unenuée de cette cavalerie légère que les Russes peuvent se procurer en si grande quantité, et denationaliser la guerre, à l’exemple de l’Espagne .Les deux derniers moyens étaient impratica-bles dans les provinces qui allaient devenir lethéâtre de la guerre, parce qu’ayant été dé-membrées du royaume de Pologne, elles dési-raient recouvrer leur indépendance, et n’at-tendaient que l’arrivée des Français pour setourner contre les Russes . Il semble donc quela seule voie de salut qui restât à Alexandreétait de se retirer en dévastant le pays jusquedans ses anciennes provinces, pour y déployerdans son entier le genre de défense dont jeviens de parler ; c’est à quoi il ne pouvait serésoudre ; mais l’impérieuse nécessité le forçaà suivre une partie de ce plan.
L’erreur dans laquelle il se trouvait relative-ment à la force de l’année française fut causequ’il ne fît pas tous les préparatifs de défense (9)qui auraient été nécessaires pour résister à la re-doutable invasion dont il était menacé ; néan-moins , prévoyant qu’il conserverait difficile-ment la Lithuanie , il ordonna, le jour même oùles Français franchissaient le Niémen , de faire