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EXPÉDITION DE RUSSIE ,certaine d’exister produisit de funestes effets ;beaucoup de soldats tombèrent malades ; beau-coup d’autres, ne pouvant suivre, poussés parla faim , se jetèrent dans les campagnes ; unplus grand nombre encore s’y répandit pourpiller et pour éviter les privations, les fatigues etles dangers de cette guerre. La plupart, au lieude rejoindre leurs corps, se réunissaient parbandes, se choisissaient des chefs et se canton-naient dans les villages et dans les châteaux ,où ils se gardaient militairement : ce désordreporta un coup sensible à la discipline r mais il enrésulta d’autres maux encore; l’armée éprouvaune grande diminution, et cette quantité de traî-neurs qu’elle laissait en arrière, lui ôtait, endévastant le pays, des ressources précieuses.
Le soldat ne se contentait pas de prendre cequi était nécessaire à sa subsistance; il maltraitaitl’habitant, s’emparait de tout ce dont il pouvaittirer quelque avantage, et brisait ce qu’il nepouvait emporter: il semblait que la dévastationfût un adoucissement à ses maux. On eût sansdoute pu l’empêcher de se porter à d’aussi grandsexcès en faisant quelques exemples , ainsi quecela se pratique ordinairement ; mais, dans laposition où l’on se trouvait, on n’aurait jamaispu le contenir entièrement, parce (pie, ne rece-vant pas de distributions, et l’habitant ne pou-