Band 
Tome premier.
Seite
364
JPEG-Download
 

364 NOTES DU LIVRE I.

firent de grandes pertes; enfin leurs faibles débris pé-nétrèrent en Pologne avec l’armée française en 1806,et servirent de noyau à l’armée polonaise que l'on com-mença dès lors à organiser.

Le tems avait peu affaibli la haine des Polonais contreles Prussiens; aussi secouèrent-ils leur joug aussitôtque les Français parurent. L’indépendance reconnuepar le traité de Tilsit d’une partie de la Pologne , sousle titre de duché de Varsovie , leur fit espérer son entierrétablissement. Persuadés que cette mesure était dansles intérêts de Napoléon et entrait dans ses projets, ilssecondèrent toutes ses entreprises avec un zèle ardent :une partie de leurs troupes le servit dans la guerre d’Es-pagne ; en 1809, ils opérèrent en sa faveur une diver-sion qui lui fut d’un grand secours ; ils croyaient com-battre pour l’indépendance des provinces polonaisesque possédait l’Autriche ; ils furent trompés, le traité deVienne ne stipula rien en leur faveur. La guerre queNapoléon allait entreprendre vint ranimer leurs espé-rances; dans leur présomption, ils ne croyaient pas lesrevers possibles, et ils affirmaient que les provinces po-lonaises possédées par la Russie allaient s’insurger àl’approche de Napoléon . Rien n’était cependant moinsprobable ; car, si la haine entre les Polonais et lesAllemands avait été perpétuée par la différence demœurs, d’habitudes et de langage , des raisons con-traires avaient singulièrement affaibli celle qui régnaitentre eux et les Russes . Telle était la situation du peu-ple polonais à l’époque de l’expédition de Russie .