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Tome deuxième.
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106
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106 EXPÉDITION DE RUSSIE ,amener deux prisonniers : le premier était cejeune Russe , coupable, selon lui, de trahison ;selon l’opinion la plus généralement répandue,de légèreté et d’inconséquence ; le second , unFrançais («) accusé d’avoir tenu des propos ré-préhensibles. Il signala le premier au peuplecomme un traître , et, le lui ayant livré , il lutmis en pièces (ô). Il réprimanda le second, etlui donna la liberté ; c’était en quelque sortel’envoyer à la mort ; néanmoins , contre lesapparences, il se sauva. Immédiatement aprèsque le sort de ces malheureux eut été décidé ,Rostopchin partit et rejoignit Koutousof.

Cependant, si l’armée de Koutousof avaitessuyé de grandes pertes, la situation de l’ar-mée de Napoléon n’était pas beaucoup meil-leure ; le soldat y était dans un état d’épuise-ment , suite naturelle de la continuité desmarches, des fatigues et des privations les plusdures. Le pain, l’eau-de-vie, si nécessaires auxtroupes qui bivouaquent, manquaient presquegénéralement ; dans quelques régimens mêmeil avait fallu que la chair des chevaux suppléât

(a) Il s’appelait Mouton , et enseignait les annes.

(è) Ce jeune homme s’appelait Vèriscliadin, et était filsd’un riche marchand; l’on assure que ce furent des dragonsde police , de l’escorte de Rostopchin , qui lui portèrent lespremiers coups.