2i4 EXPÉDITION DE RUSSIE ,fait connaître, la persuasion qu’Alexandre al-lait traiter de la paix ; mais la confiance de Na-poléon dans sa fortune et dans son armée, lesidées inexactes qu’il s’était formées de la na-tion russe, l’espoir que les Kosaques et lesTatars (44) se révolteraient, un tems magnifi-que à une époque où il est ordinairement très-pluvieux, y contribuèrent aussi. Je ne parlepoint de l’espoir qu’il avait fondé sur les chan-gemens que la Suède et la Turquie apporte-raient à leur politique, lorsqu’elles appren-draient l’entrée de l’armée française à Moskou ,puisqu'il sut, dans les premiers jours d’octobre,que ces deux puissances s’en tenaient, avec laRussie , à l’exécution des derniers traités.
Je dois ajouter que, quoique d’une activitésans égale à la guerre, tant qu’il était en mouve-ment , il aimait, au contraire, lorsqu’il s’étaitarrêté, à attendre les événemens, prêt à saisirla première occasion favorable. Il ne pouvait serésoudre à abandonner Moskou , sans que lapossession de cette capitale , sur laquelle il avaitfondé de si grandes espérances, lui eût procuréle moindre avantage; semblable, sous certainsrapports, à ces joueurs qui finissent par seruiner entièrement en cherchant à regagner ce