35o EXPEDITION DE RUSSIE ,pouvait devancer l’armée française , quelle quefût la direction de sa retraite. Quoi qu’il ensoit, la position de Koutousof était aussi fa-vorable que celle de son adversaire était cri-tique, puisqu’une grande route (a) qui passaità Iukhnow le conduisait à Slawkowo , et qu’ilavait moins de chemin que son adversaire àparcourir pour atteindre Iukhnow ou Slaw-kowo. Si l’on considère d’ailleurs que l’arméerusse était dans l’abondance ; que ses soldatsavaient des fourrures ; que ses chevaux étaienten bon état ; qu’elle n’était point embarrasséepar ses bagages, ses vivres et ses réserves d’ar-tillerie; qu’elle pouvait ainsi marcher beaucoupplus rapidement que l’année française, quandmême cette dernière aurait abandonné ses vi-vres, ses bagages et une partie de son artillerie ;on en conclura que le sort de Napoléon étaitentre les mains de Koutousof.
J’ajouterai quelques réflexions sur le corps
cutait cette marche plus promptement et plus facilement, etdeux corps suffisaient pour retarder Napoléon, s’il eut pris lechemin de Medyn à Iukhnow.
(a) Il n’est pas entièrement vrai de dire qu’une grande routeconduisait de Gonczarowo à Slawkowo , puisque les deux vil-lages de Gonczarowo et Polotnîa— Zawody, distans d’une jour-née de marche, ne communiquaient que par un chemin detraverse ; mais ce chemin était fort bon.