352
Quoique ce général n’eût que de la cavalerie ,il n’en devait pas moins effectuer le mouvementque je viens d'indiquer. Il se serait contentéde faire observer Mojaïsk et Gjatzk, aurait dé-truit tous les ponts entre ces deux villes, etpris position avec son corps entre Gjatzk etIukhnow , prêt à devancer l’armée française ,soit qu’elle parvînt à se retirer sur Smolensk par la route de Kaluga , soit qu’elle fût con-trainte de reprendre la route de Wiazma.
Cependant, Napoléon ne prenait point laseule mesure qui pût lui offrir quelques chancesde salut, celle d’abandonner presque tous sesbagages et une partie de l’artillerie, pour for-cer de marche et atteindre Wiazma avec toutela rapidité possible : il ne voulait rien aban-donner , espérant que les fautes de son ad-versaire le tireraient d’embarras ; confianceextraordinaire qui résultait de l’extrême faveuravec laquelle la fortune l’avait traité jusqu’a-lors, mais que Koutousof avait aussi contribuéà augmenter ; car, si Napoléon se trouvait dansune situation désespérée, il ne pouvait l’attri-buer qu’à lui seul , aucunement aux bonnesdispositions de son adversaire. La rigueur duclimat devait aussi l’engager à se hâter ; laneige couvre ordinairement la terre dans les