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Tome deuxième.
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38a EXPÉDITION DE RUSSIE ,des pièces légères sur affûts-traîneaux. Dansl’armée française , les cher aux, n’ayant pointété ferrés à glace, glissaient au moindre mou-vement, s’épuisaient en efforts impuissans, ets’abattaient à chaque instant. On perdit tout àcoup la plus grande partie de ce qui restait decavalerie, et l’on fut contraint d’abandonnerbeaucoup d’artillerie et de bagages. On vitalors des objets précieux, provenant du pillagede Moskou , dispersés sur la route; ils ne ten-taient plus la cupidité ; on ne songeait qu’à seprocurer des alimens.

Un petit nombre de régimens avait con-servé quelques bestiaux en les faisant paître ;il devint impossible de les nourrir plus long-tems. L’armée , marchant sans relâche , nerecevant de distributions de vivres nulle part,éprouva toutes les horreurs de la famine, etse trouva réduite , pour seule nourriture, à lachair des chevaux ; le soldat dépeçait à l’instantceux que l’on était contraint d’abandonner. Lefroid vint se joindre à tant de maux ; il n’é-tait pas encore excessif, mais cependant in-supportable peur des malheureux affamés oumal nourris, et trop peu vêtus pour un climatsi rigoureux. Chacun se couvrait de ce qu’il trou-vait pour se garantir du froid: aussi voyait-on