LIVRE III.
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gnemens obtenus en questionnant les prison-niers faits sur les corps de partisans qui procé-daient l’armée de Koutousof, ne pouvaientlaisser aucun doute sur la marche de ce général.Il devenait alors naturel de supposer qu’il sedirigerait sur Krasnoï ou sur tout autre point dela route de Smolensk à Orsza, pour couper laretraite de l’armée de Moskou; mais Napoléon ,d’après sa lettre à Victor, semble au contrairepersuadé que Koutousof attendra qu’il ait éva-cué Smolensk pour se porter par cette ville surWilepsk.
Toutefois , s’il prit plusieurs fausses mesurespour avoir vu l’avenir sous un jour favorable,alors que tout ne présageait que désastres, ets’il se roidit trop contre les circonstances, ondoit convenir aussi que cette confiance dans safortune et cette inflexibilité de caractère , réu-nies à l’impassibilité de son visage et au calmeavec lequel il donna des ordres dans les cir-constances les plus critiques, remplirent sesgénéraux de cette audace qui leur lit braver lesobstacles , en apparence insurmontables , queleur opposèrent si souvent le climat et l’ennemi.
L’armée, pendant son séjour à Smolensk ,lut accablée par uiï fléau terrible, pour ainsidire inconnu dans nos climats, et qui semblait