196 NOTES DU LIVRE IV.
rent remplacés par trois radeaux, qui étaient d’unetrès-petite dimension , parce que celle des bois donton disposait ne permettait pas de les faire plus grands;ils portaient chacun dix hommes, et servirent d’abordà transporter des fantassins sur la rive ennemie, et en-suite à la construction des ponts; mais ils ne pou-vaient être dirigés avec autant de rapidité et de facilitéque des nacelles ou des bateaux.
La hauteur des chevalets variait depuis trois jusqu’àneuf pieds, et il y en avait vingt-trois à chacun desponts; on n’eut point le tems d’équarrir les bois aveclesquels on les construisit, non plus que ceux qu’onemploya au lieu de poutrelles. Quant aux madriers,ils furent remplacés, au pont destiné pour les voitures,par des rondins de quinze à seize pieds de longueursur trois à quatre pouces de diamètre, et à celui des-tiné aux piétons, par un triple lit de planches de quatreà cinq lignes d’épaisseur, provenant de la couverturedes maisons du village.
On avait couvert les tabliers des ponts de chanvreou de foin, qu’on fut obligé de renouveler fréquem-ment : on conçoit avec quel zèle, quelle intelligenceet quelle activité il fallut travailler pour, dans une seulenuit et avec des soldats harrassés de fatigue, abattredes maisons et en préparer les bois de manière à pou-voir en construire deux ponts.
J’ai dit qu’il y avait à Orsza un équipage de pontsde soixante bateaux, muni de tous ses agrès, et quel’on avait brûlé le 20 novembre; si l’on eût amené