Band 
Tome troisième.
Seite
210
JPEG-Download
 

210

NOTES DU LIVRE IV.

» àKrasnoï. Le froid, qui avait commencé le 7, s’accrut» subitement, et, du i4 au i 5 et au 16 , le thermo-» mètre marqua seize et dix-huit degrés au dessous de» glace; les chemins furent couverts de verglas; les» chevaux de cavalerie, d’artillerie, de train, péris-» saient toutes les nuits, non par centaines, mais par» milliers, surtout les chevaux de France et d’Alle-» magne. Plus de trente mille chevaux périrent en» peu de jours; notre cavalerie se trouva toute à pied;» notre artillerie et nos transports se trouvaient sans» attelage. Il fallut abandonner et détruire une bonne» partie de nos pièces et de nos munitions de guerre» et de bouche.

» Cette armée, si belle le 6, était bien différente» dès le i4, presque sans cavalerie, sans artillerie,» sans transports. Sans cavalerie, nous ne pouvions pas» nous éclairer à un quart de lieue ; cependant, sans• artillerie nous ne pouvions pas risquer une bataillex et attendre de pied ferme ; il fallait marcher pour» ne pas être contraints à une bataille, que le défaut» de munitions nous empêchait de désirer; il fallait» occuper un certain espace pour ne pas être tournés,x et cela sans cavalerie qui éclairât et liât les colonnes.» Cette difficulté, jointe à un froid excessif subitement» venu, rendit notre situation fâcheuse. Les hommes» que la nature n’a pas trempés assez fortement pour» être au dessus de toutes les chances du sort et de la» fortune, perdirent leur gaîté, leur bonne humeur;v et ne rêvèrent que malheurs et catastrophes; ceux